LA REVOLUTION (4)

LA CHUTE DE LA MONARCHIE
21 juin 1791 – 20 septembre 1792

Le 25 juin 1791, la famille royale rentre à Paris. Pour les députés, la fuite de Louis est une catastrophe. Sans lui, leur monarchie constitutionnelle s’effondre. Maintenant, pour beaucoup d’entre eux, c’est la République qu’il faut instaurer et, avec elle, le suffrage universel. Au Manège, Robespierre tonne : «  Il n’est plus possible qu’un roi qui, de sang froid, allait faire couler celui des français, se montre encore sur le trône ».

Une épreuve de force s’engage entre les Cordeliers qui ont lancé une pétition en faveur de la République et l’Assemblée. Cette dernière impose la loi martiale, continue ses travaux et met la dernière main à la Constitution, qui sera achevée en septembre. Le 14, le roi se rend au Manège : contre le serment qu’il prête de la défendre, son pouvoir lui est rendu. Les députés des Etats Généraux ont rempli leur mission.

A l’Assemblée Législative qui leur succède, les constituants lèguent une France nouvelle. La séparation des pouvoirs, prônée par Montesquieu, a été réalisée. Mais leur œuvre ne fait pas l’unanimité et, surtout, la nouvelle place faite au roi.

Les premières semaines de la Législative sont tranquilles. Mais à l’extérieur du pays, la révolution française fait tâche d’huile. L’empereur d’Autriche et le Roi de Prusse s’en inquiètent. Tous veulent la guerre. Le roi parce qu’une défaite de la France lui rendrait son pouvoir. Les girondins parce qu’elle recréerait l’unité nationale. Seuls Robespierre, Danton et Marat s’y opposent farouchement : une défaite ferait le jeu du roi et une victoire entraînerait la dictature du général vainqueur.

Mais le 20 avril, la guerre est déclarée.
Le calcul qu’avait fait le roi se révèle juste. L’armée, désorganisée, cède devant l’offensive Austo-Prussienne. Avec l’Assemblée, il en subira les conséquences. Le 20 juin, jour anniversaire du Serment du Jeu de Paume, les Sans-Culottes envahissent le Manège et les Tuileries, pour dénoncer les contre-révolutionnaires et réclamer des mesures d’urgence.

Si le 20 juin, le roi n’a pas été molesté, les émigrés craignent pour sa sécurité. C’est la reprise de la guerre. Le 11 juillet, la patrie est proclamée en danger. Les émigrés font signer à Brunswick, le chef des forces Austro-Prussiennes, un manifeste destiné à terroriser Paris. Il dresse en fait le peuple contre le roi. La légitimité change de camp.

L’engrenage de la violence mène au 10 août 1792, un massacre général, plus de mille morts de part et d’autre.
C’est la chute de la monarchie.
Le roi est suspendu. Il sera interné. Une Convention est convoquée d’urgence. Le pouvoir vient de basculer du côté de Paris. Le nouveau souverain est le peuple.

L’Assemblée se vide. Les deux tiers des députés quittent le Manège.
Le 1er septembre, devant la commune, Robespierre accuse : « Personne n’ose nommer les traîtres. Eh bien moi, pour le salut du peuple, je les nomme. Je dénonce le liberticide Brissot, la faction de la Gironde… je les dénonce pour avoir vendu la France à Brunswick et pour avoir reçu d’avance le prix de leur lâcheté ».
Comme toujours, Marat en appelle au meurtre salvateur : «  Le dernier parti…est de se porter en armes à l’abbaye, d’en arracher les traîtres, particulièrement les officiers suisses et leurs complices et de les passer au fil de l’épée ».
Une folie collective se développe, qui trouve son exutoire le 2 septembre. Le massacre durera quatre jours. La Révolution bascule dans l’horreur. Le 5 septembre, le bilan sera de 1 400 victimes.

Le 20 septembre, la Législative tient sa dernière séance. Elle n’aura siégé qu’un an et demi. Le lendemain la Convention la remplace qui proclame la République.
Le même jour Dumouriez engage à Valmy la bataille contre les Prussiens. Ceux-ci sont vaincus et font demi-tour.
La France est sauvée. Fin du quatrième acte.

(à suivre)

 

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