LA REVOLUTION (3)

L’ECHEC DE LA MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE
6 octobre 1789 – 21 juin 1791

Le Roi est à Paris, installé aux Tuileries, qui n’avaient plus été habitées depuis 1722. Le 16 octobre 1789, la commune de Paris vient lui présenter ses hommages.
L’Assemblée a été affectée au Manège. Toute incommode qu’elle soit, l’ancienne école d’équitation des Tuileries a le mérite de contenir la représentation nationale et le public, sans être éloigné du Roi. Le 9 novembre les députés s’installent dans leurs murs.
A deux pas du Manège, le Club des Jacobins devient le centre d’impulsion de la révolution. Point de convergence des ondes révolutionnaires, les nombreux députés qui en sont membres les répercutent sur l’Assemblée. Ils y fondent la Société des Amis de la Constitution.

Sitôt son installation achevée, l’Assemblée se met au travail. En quelques mois le royaume est transformé. Les anciennes provinces disparaissent au profit de 83 départements, dont tous les responsables sont élus.
C’est dans l’enthousiasme que s’accomplit cet immense effort de reconstruction. Que ce soit à Paris ou en province, chacun a le sentiment de participer à un moment exceptionnel de l’histoire de France et de l’Europe.
La date du 14 juillet 1790, jour anniversaire de la prise de la Bastille, est choisie comme Fête Nationale. Les 14 000 fédérés de province défilent de la Bastille au Champs de Mars. Sur un superbe cheval blanc, entouré de son état-major, La Fayette les attend. Jeune, élégant, auréolé de prestige, c’est lui le héros de la fête. Le Roi prête serment à la Constitution, La Fayette au Roi, à la Nation et à la Constitution. La fête est un triomphe, elle scelle la nouvelle unité nationale.

Mais les sources d’inquiétudes ne manquent pas. La France, plus que jamais, est au bord du gouffre. Une solution existe. L’Eglise de France est immensément riche. Pourquoi ne pas utiliser sa fortune pour rembourser les créanciers de l’état ? Une réforme est lancée…
Ni le Pape ni le Roi n’ont été consultés. Le clergé dans sa grande majorité s’y oppose, mais attend le verdict de Rome. Quant au Roi, en apparence, il se rallie à l’Assemblée. D’ailleurs, quelque décision qu’elle prenne, le Roi l’accepte. Mieux, au Manège où il se rend en février 1790 et en avril 1791, il affirme son attachement à la Constitution et prête serment de la respecter. N’est-il pas le Roi de France, un roi des français par la volonté nationale ?

Pourtant, dès le 12 octobre 1790, il écrivait au roi d’Espagne, un Bourbon comme lui : « Je dépose entre vos mains la protestation solennelle que j’élève contre tous les actes contraires à l’autorité royale qui m’ont été arrachés par la force depuis le 15 juillet de cette année ». Se considérant comme prisonnier, rien de ce qu’il signe n’engage le Roi. Il attend.

Les difficultés se multiplient, l’Assemblée se divise, certains veulent la dissoudre, provoquer de nouvelles élections. Les tensions s’amplifient. Paris s’agite à nouveau. Le Roi décide alors de fuir la capitale.
Le plan est simple. Aller, dans le plus grand secret, à Montmédy, près de la frontière allemande, où d’importantes troupes fidèles seront rassemblées. A la tête de cette armée, le Roi marchera sur la capitale.

Le 20 juin 1791 à minuit, la famille royale quitte la capitale. Mais les horaires ne sont pas respectés. A l’aube, le Roi ne cesse de faire arrêter la voiture pour se dégourdir les jambes et respirer l’air de la liberté. La berline prend plusieurs heures de retard. Les troupes fidèles au Roi ne l’attendront pas.
C’est à Varennes que se termine l’ultime tentative de coup de force du Roi. A 23 heures 10, ce 21 juin 1791, le voyage s’achève. La fuite du Roi a échoué. Il vient de ruiner la monarchie constitutionnelle. Fin du troisième acte.

(à suivre)

 

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