LA REVOLUTION (1) : LA PRISE DE LA BASTILLE

Lorsqu’en 1774 le jeune roi Louis XVI avait succédé au trône de France à son grand-père Louis XV, il fut bien accueilli par le peuple, alors que son épouse Marie-Antoinette ne jouissait pas du même préjugé favorable : elle était considérée comme frivole et dépensière…

En cette année 1789, les Etats Généraux sont l’une des institutions les plus anciennes du royaume, qui rassemblent les trois ordres de la société, Clergé, Noblesse, Tiers, chacun disposant d’un nombre identique de députés et chacun d’une voix pour exprimer son vote.
La situation économique de la France est dramatique, les finances de l’Etat catastrophique. La récolte de 1788 a été particulièrement mauvaise et dans le pays l’angoisse de la famine réapparaît. Dès septembre 1788 la France entre en effervescence. Tout au long du printemps 1789 des soulèvements se développent dans les campagnes, puis dans les villes.

Le 5 mai 1789 s’ouvrent à Versailles, dans la salle des Menus Plaisirs, les Etats Généraux du Royaume. Ils n’avaient plus été réunis depuis 1614. Le Roi prend la parole devant les 1 139 membres de l’Assemblée. Mais chacun comprend que l’assemblée est réunie pour sauver la monarchie, pas pour la transformer.
Pour le troisième ordre, la lutte est engagée. Dès le lendemain, il se baptise le « représentant des communes ». La Noblesse et le Clergé refusant de le suivre, pendant plus d’un mois il campe sur ses positions.

Le 17 juin, les députés du Tiers se constituent en Assemblée Nationale. Le 19, un vote au sein du Clergé donne la majorité à ceux qui veulent se rallier à la nouvelle assemblée. Seule la Noblesse résiste. Le Roi suspend alors les travaux des députés. Il fait fermer, le 20, la salle des Etats pour préparer une séance royale le 23.
Craignant un coup de force, les députés se réunissent dans un jeu de paume voisin et prêtent serment de ne pas se séparer avant d’avoir donné une constitution à la France. Le Roi menace, Bailly réplique que « la Nation assemblée ne peut recevoir d’ordre » et, lyrique, Mirabeau surenchérit : « Nous ne quitterons nos places que par la force des baïonnettes ». La révolte est ouverte.

La séance royale du 23 juin est un échec. Les propositions faites par le Roi assouplissent le fonctionnement de la monarchie mais s’opposent à son bouleversement. L’assemblée répond en se déclarant « constituante ». Le seul recours reste l’armée : 11 régiments sont appelés à Versailles. Le soulèvement de Paris est immédiat.
Le 12 juillet, des cortèges entiers défilent dans Paris, des incendies et des pillages ont lieu. Le 13 juillet est constituée la Commune de Paris. Pour prévenir une attaque de l’armée, la nouvelle Commune constitue une force municipale de 48 000 hommes, la Garde Nationale. Les armes sont réquisitionnées aux Invalides : 38 000 fusils, douze canons et un mortier. Mais peu de munitions. Seule la Bastille en contient suffisamment.

Le 14 juillet, à 13 heures, la foule est devant la Bastille. Le gouverneur Launay fait savoir qu’il ne fera tirer que s’il se sent menacé. Les parisiens disposent les canons devant la porte. Les premiers coups partent. En quelques heures, plus de 100 morts jonchent le sol. A 17 heures, la Bastille capitule.
Le Roi cède devant l’émeute et se rend à Paris le 17. Il y est accueilli par des cris de « Vive la Nation », qui remplace le traditionnel « Vive le Roi ». Le Roi approuve la nomination de Bailly à la tête de la municipalité et celle de La Fayette comme commandant de la milice.
Ainsi, « les Etats Généraux sont absolument hors de toute attaque et on peut considérer qu’ils ont carte blanche ». Le premier acte de la Révolution s’achève.

(à suivre)

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