LA GRECE (6)

LES ORIGINES DE LA TRAGEDIE ET DE LA COMEDIE (1)

La Culture de la polis athénienne se caractérisa par son caractère oral. Athènes était devenue un grand forum, la parole régnait dans les tribunaux, les assemblées, l’agora et le théâtre. Le langage devint son signe distinctif. La ville était érigée en un lieu de débat et de création artistique permanent. Le théâtre et toutes les autres manifestations culturelles canalisèrent l’énergie créatrice des Athéniens.

Les manifestations culturelles étaient liées aux grandes fêtes. La tragédie, et de ce fait le théâtre, apparurent dans le cadre des fêtes civiques et religieuses tenues à Athènes en l’honneur de Dionysos, le dieu de la fertilité et de la nature.

Le concours de dithyrambes, des compositions poétiques en l’honneur de Dionysos, fut le plus populaire. Les poèmes étaient récités par un chœur formé de « satyres », des démons de la nature appartenant à la suite du dieu, qui dansaient sur le chant choral.

Ce mode primitif de dramatisation laissa plus tard place à la tragédie grecque classique. Les acteurs devinrent les héros de l’action, dans laquelle le chœur jouait un rôle de témoin et, parfois, de protagoniste collectif.

Munis de masques stylisés et de parures aux couleurs vives, gesticulant et se répandant en lamentations pathétiques, le chœur et les acteurs représentaient la destinée de l’homme sur lequel se déchaînait la terrible colère des dieux.

Tous les habitants d’Athènes pouvaient accéder librement au théâtre, y compris les femmes. L’Etat créa un fonds commun grâce auquel l’entrée en était offerte aux plus défavorisés. Durant la journée, on jouait les trois tragédies et le drame satyrique que chaque auteur présentait au concours. Un jury élu par le public selon un système complexe décernait le prix au vainqueur, qui était couronné à l’Odéon.

Le public, complètement absorbé, suivait de près un spectacle fondé sur l’excitation liée à l’horreur et au désespoir provoqués par la destinée tragique de l’homme et éprouvait un sentiment de délivrance et de soulagement, la « catharsis ».

La journée s’achevait par la représentation d’une comédie, un genre qui fit également l’objet de concours à Athènes, à partir de l’an 486 av. J.-C.

En moyenne, plus de treize mille Athéniens assistaient aux représentations théâtrales. Ils étaient nombreux à y apporter de la nourriture. Ils manifestaient leur approbation ou leur désaccord par des applaudissements et des cris, sans aucune gêne. Très souvent le tapage était tel que le service d’ordre, muni de ses longs bâtons, devait intervenir.

Plus de mille tragédies furent jouées au cours du V° siècle av. J.-C.
Les trois grands auteurs classiques, Eschyle, Sophocle et Euripide, écrivirent à eux seuls quelque trois cents œuvres, dont on ne conserve que trente-trois pièces.

(à suivre)

Richard POGLIANO

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