LA GRECE (5)

LES GRANDS MAITRES DE LA PHILOSOPHIE (2)

« Les gens sont nombreux à penser qu’une ville doit être grande pour être heureuse. Cependant, ils ne sauraient dire ce qu’est une grande ville et ce qu’est une petite ville, car ils font dépendre l’idée de grandeur du nombre d’habitants, au lieu de considérer les vertus de la ville ». Aristote (384-322 av. J.-C.).

Aristote, le troisième grand philosophe grec, naquit à Stagire. Sa contribution philosophique et scientifique est quasiment infinie.

Après la mort de Platon, il décida d’aller vivre à la cour d’un petit royaume d’Asie Mineure, jusqu’en 342 av. J.-C., date à laquelle il fut appeler par Philippe II de Macédoine pour être le précepteur de son fils Alexandre, le futur Alexandre le Grand.
Quand ce dernier monta sur le trône, Aristote fonda à Athènes sa propre école, le Lycée (333 av. J.-C.). Ses disciples furent appelés les péripatéticiens, du nom de la promenade (peripatos) qu’ils effectuaient en faisant cours à l’abri d’un portique.

Aristote concevait la logique comme une doctrine formelle et une méthodologie du droit raisonnement, qu’il appelait lui-même analytique.
Cette science formelle, contrairement à la science réelle, part du concept et progresse, au moyen de catégories, de jugements et de conclusions, jusqu’à la démonstration.

Dans son approche de l’éthique, le but de la vie humaine est la parfaite formation de la raison. La vertu éthique consiste à trouver le juste milieu parmi les désirs dictés par la raison. Plus grande est la vertu, plus élevée est la raison.

Les textes politiques d’Aristote décrivent l’homme comme un animal politique, c’est-à-dire vivant en société (zôon politikon). Il signale que dans la vie publique la mesure s’impose. Et c’est à partir de cette prémisse qu’il considère une constitution à caractère mixte comme la meilleure qui soit.

D’autres philosophes grecs vont fonder leur enseignement sur un courant mystico-religieux, comme Speusippe et Xénocrate, ou sur les typologies humaines, comme Théophraste. Antisthène d’Athènes, quant à lui, fonda l’école cynique, rejetant l’idée d’universalité.

En dehors de la philosophie, les Grecs, poussés par la nécessité de conserver par écrit la mémoire historique, créèrent la poésie épique, les légendes et les généalogies. Néanmoins, l’apparition de la méthode analytique visant à dégager les causes et à reconstituer les faits le plus fidèlement possible donna naissance à l’histoire en tant que genre.

Le  » Père de l’histoire « , Hérodote (484-420 av. J.-C.) fut un grand voyageur. Son œuvre historique qui constitue la première description analytique en prose du monde ancien à grande échelle, se caractérise par une grande objectivité et une grande précision. D’autres historiens grecs sont restés célèbres, comme Thucydide qui fonda l’historiographie scientifique, ou Xénophon, militaire, historien et philosophe, qui prit la suite de Thucydide pour la rédaction du grand ouvrage La Guerre du Péloponnèse.

(à suivre)

Richard POGLIANO

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