LA GRECE (4)

LES GRANDS MAITRES DE LA PHILOSOPHIE (1)

Athènes, de par la liberté qu’elle offrait à ses citoyens, permit à l’homme, peut-être pour la première fois, de réfléchir aux grands problèmes existentiels en marge des idées religieuses de l’époque.

D’abord Socrate (1), dont la méthode consistait à se promener dans les rues d’Athènes pour dialoguer avec les citoyens qu’il abordait en leur posant des questions philosophiques : Comment parviendra-t-on à la vérité ? Qu’est-ce que la vertu ? etc… Après une série d’interrogations, l’individu plongeait dans de nouveaux questionnements jusqu’à ce que, grâce à un effort de raisonnement, il avoue son ignorance.

Socrate ne nous a laissé aucun écrit. Sa philosophie nous a été transmise à travers les témoignages, parfois contradictoires de Platon, Xénophon et Aristote.

Chez Socrate, la vertu, identifiée au Bien  – alors que l’ignorance est assimilée au Mal -, est considérée comme le seul moyen d’atteindre la perfection de l’âme, à laquelle on ne parvient qu’à travers la vraie connaissance.

L’enseignement de Socrate avait donc une finalité morale qu’il ne concevait pas comme l’acceptation d’une norme extérieure, mais comme le produit naturel d’une conviction intérieure.

Platon (2) était issu d’une des grandes familles d’Athènes et fut l’un des disciples de Socrate, exerçant aussi son influence à travers la parole. Cependant, il laissa quelques écrits (3), pour la plupart sous forme de dialogues.

Platon aussi bien que Socrate se situaient sur le terrain de la sophistique. Ils nient résolument l’affirmation de Protagoras (4), suivant laquelle l’homme est la mesure de toute chose, car rien n’aurait alors de validité universelle.

A travers le mythe de la caverne, Platon explique comment les sens ne peuvent percevoir que des copies ou des ombres des archétypes éternels. Selon Platon, l’être humain ressemble à un prisonnier enfermé dans une caverne. Le prisonnier ne voit que des ombres, alors que les objets mêmes, les idées, échappent à sa vue.

Dans le monde d Platon, l’idée du Bien suprême occupe la place la plus haute. L’âme approche de son but quand elle atteint la vertu. Il existe quatre vertus cardinales : la sagesse propre à l’esprit, le courage lié à la volonté, la tempérance comme capacité de trouver le juste milieu entre le plaisir et l’ascétisme et, enfin, la justice en tant que vertu établissant l’équilibre entre les trois premières.

(à suivre)

Richard POGLIANO

 

1-Socrate (469-399 av. J.-C.) est probablement le premier philosophe athénien. Il naquit à Athènes où il demeura toute sa vie, sauf lors des campagnes militaires où il brilla par son courage. Ses idées politiques furent considérées comme dangereuses  pour la démocratie athénienne, ce qui suscita une vive réaction chez une partie de ses concitoyens. Au terme de son procès, il préféra le suicide à l’exil. 

2-Platon (428-347 av. J.-C.) fonda son Académie à Athènes en 387 av J.-C. Ses cours nous ont été transmis grâce à l’un de ses élèves, Aristote. Selon Platon, on ne peut rendre compte de sa doctrine par écrit : « Elle surgit soudain, comme allumée par une étincelle, une lumière dans l’âme qui, à partir de ce moment, s’entretient d’elle-même ».

 

3-« Le Banquet » fait partie des dialogues écrits par Platon à l’âge mur. Il s’appuie sur la théorie des idées, mais ne l’examine pas, et sous prétexte de traiter un sujet de méthodologie et d’éducation, il a pour but de susciter une « droite réflexion ». Il tente d’établir la nature didactique de l’amour comme force menant à la connaissance de l’idée de « Beauté ». Cet ouvrage constitue également une parfaite description des modes de vie de l’époque.

4-Protagoras (490-420 av. J.-C.), penseur et professeur, renommé de son vivant, est resté célèbre pour son agnosticisme avoué et un certain relativisme. Ses deux citations les plus notoires sont : « Des dieux, je ne sais ni s’ils sont ni s’ils ne sont pas » et « l’homme est la mesure de toutes choses  ». Il est également célèbre pour sa thèse « À chacun sa vérité » qui est souvent critiquée car seulement vraie lorsqu’elle est fausse.

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