LA GRECE (3)

LA VIE QUOTIDIENNE A L’EPOQUE CLASSIQUE

La société grecque s’organisait selon une stricte division par classes sociales, avec des esclaves des habitants aux droits restreints en fonction de leur lieu de naissance ou de leur métier, et une minorité de citoyens qui avaient, eux, des privilèges, et qui participaient à la prise de décision et à l’élection des dirigeants politiques.

L’existence des cités-Etats, l’expansion maritime, l’industrie et le commerce ne masquaient pas la condition essentiellement rurale de la société grecque. Autour de la polis (1), de petites propriétés lui fournissaient céréales, fruits, viande et miel.

La vie personnelle, familiale et sociale était régie par la modestie et l’absence d’ostentation, cette dernière étant réservée aux grandes fêtes civiques ou religieuses.

Les demeures étaient simples, creusées dans la roche ou bâties avec des matériaux précaires, tels que le pisé (2) ou le bois, et comptaient deux ou trois pièces. Les familles plus aisées, dont une grande partie résidait dans des propriétés agricoles aux alentours de la cité, possédaient de plus vastes demeures.

Les Grecs veillaient tout spécialement à leur hygiène et au soin du corps. Les maisons avaient des salles de bains et des bains publics existaient, lieux de rencontre et de débat exclusivement réservés aux hommes. Si les esclaves portaient leurs cheveux courts, les femmes libres avaient de longues chevelures qu’elles entretenaient plusieurs heures par jour. Les vêtements des Grecs étaient en laine ou en lin et leur confection n’était généralement pas très recherchée : vêtements rectangulaires, de coupe simple et sans ornements.

Les Grecs avaient une alimentation frugale, composée de produits agricoles et de la pêche. Les céréales représentaient la base de leur alimentation. Les banquets et les symposiums (3), qui se concluaient par un débat animé, étaient l’exception.

En général, la femme n’avait pratiquement pas d’existence légale et dépendait toujours de l’homme. Elle n’était pas considérée comme une citoyenne, ni ne pouvait disposer de ses biens, mais jouait un rôle important dans la transmission de la citoyenneté.

Ce mode de vie et le souci de l’hygiène personnelle contrastaient avec l’environnement urbain composé d’étroites ruelles où s’entassaient les ordures, les excréments humains et animaux. Ce n’est qu’à partir du IV° siècle av. J.-C. qu’un système d’égouts commença à se mettre en place.

La société grecque évolua au sein de ces contrastes, mais laissa aux civilisations futures un fabuleux héritage.

(à suivre)

Richard POGLIANO

 

  • En Grèce antique, la polis (en grec ancien πόλις / pólis ; « cité » dans l’étymologie latine « civitas » ; au pluriel poleis) est une cité-État, c’est-à-dire une communauté de citoyens libres et autonomes. Dans la pensée grecque antique, la cité préexiste à l’homme. À titre d’exemple, la cité d’Athènes n’existe pas en tant que telle : c’est la cité des Athéniens, tout comme Sparte est la cité des Lacédémoniens.
     Le mot grec polis a donné le mot politique (politics en langue anglaise) : dans la Grèce antique, les politai (citoyens) étaient les acteurs de la vie politique.

  • Le pisé est un système constructif en terre crue, comme la bauge ou le torchis. On le met en œuvre dans des coffrages, traditionnellement appelés banches. La terre est idéalement graveleuse et argileuse, mais on trouve souvent des constructions en pisé réalisées avec des terres fines.

  • Du latin symposium (« banquet ») et, plus avant, du grec ancien  συμπόσιον, sympósion (« banquet »), également le titre d’un ouvrage de Platon. Chez les Grecs, c’était la seconde partie d’un repas, correspondant aujourd’hui au dessert, pendant laquelle un groupe restreint de convives buvaient et discouraient sur un sujet.

 

 

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