LA GRECE (1)

L’ATHENES DE PERICLES (1)

A l’époque de Périclès (461-429 av. J.-C.), et en une seule génération, les Grecs produisirent dans de multiples domaines du savoir (organisation politique, architecture, sculpture, peinture et philosophie, entre autres), ce que l’on considère comme les modèles « classiques » par excellence.

L’évolution culturelle et la politique sont au cours de ces années étroitement liées. Cette imbrication s’incarne dans la personne de Périclès.

Né au sein d’ produisirent dans de multiples domaines du savoir (organisation politique, architecture, sculpture, peinture et philosophie, entre autres), ce que l’on considère comme les modèles « classiques » par excellence.

L’évolution culturelle et la politique sont au cours de ces années étroitement liées. Cette imbrication s’incarne dans la personne de Périclès.

Né au sein d’une famille de la vieille noblesse attique, son père, Xanthippos, se distingua aussi bien en politique que sur le plan militaire, en étant vainqueur à Mycale (1). Par sa mère, nièce de Clisthène (2), il s’inscrivait dans la tradition démocratique. Disciple du philosophe Zénon (3) d’Elée, Périclès transforma Athènes en un Etat prospère, cultivé et portant secours aux nécessiteux. Son gouvernement correspond à la période la plus brillante d’Athènes, mais aussi la plus longue période d’autogouvernement du « démos ».

La  démocratie eut à cœur de mettre en œuvre le principe du « gouvernement de plus grand nombre ». Chaque année, six mille citoyens participaient activement aux tribunaux en qualité d’avocats ou de témoins. La politique devint un droit et le droit était assimilé à la politique. Le pouvoir représentatif n’existait pas à l’époque. Le peuple souverain gouvernait et dirigeait directement l’assemblée populaire.

Pour faire face aux critiques, Périclès comptait uniquement sur la force de persuasion de ses arguments.
Ce fut Thucydide (4) qui se chargea de transmettre ses discours, lesquels, bien que reproduisant fidèlement ses idées, étaient néanmoins issus de la plume d’un historien :
« Notre constitution politique n’a rien à envier aux lois qui régissent nos voisins […]. Du fait que l’Etat, chez nous, est administré dans l’intérêt de la masse et non d’une minorité, notre régime a pris le nom de démocratie. En ce qui concerne les différends particuliers, l’égalité est assurée à tous par les lois ; mais en ce qui concerne la participation à la vie politique, chacun obtient la considération en raison de son mérite, et la classe à laquelle il appartient importe moins que sa valeur personnelle ; enfin nul n’est gêné par la pauvreté et par l’obscurité de sa condition sociale, s’il peut rendre des services à la cité. La liberté est notre règle dans le gouvernement de la république et dans nos relations quotidiennes la suspicion n’a aucune place ».

(à suivre)

Richard POGLIANO

(1) La bataille du cap Mycale est l’une des dernières confrontations entre Grecs coalisés et Perses de la deuxième guerre médique. Elle eut lieu en 479 avant notre ère et tient son nom du cap au large duquel l’affrontement débuta, et qui se situe en face de l’île de Samos.

(2) Clisthène d’Athènes est un réformateur et un homme politique athénien, né vers 570av. J.-C., qui instaura les fondements de la démocratie athénienne. Il se pose en champion de l’isonomie, c’est-à-dire l’égalité citoyenne et politique, au cœur du régime politique à venir, et renverse les aristocrates. Il met en place en 508 et 507 av. J.-C., des réformes consistant principalement à créer de nouvelles circonscriptions populaires et une assemblée, la boulè, dotée de pouvoirs qui d’abord contrebalancent, puis surmontent et remplacent, ceux des aristocrates.

(3) Zénon d’Élée, né vers 490 et mort vers 430 av. J.-C., est un philosophe grec présocratique. La première école de philosophie de l’Antiquité fut fondée à Elée (Italie) par Xénophane de Colophon, Xénon et Parménide. Ils soutenaient que seul le chemin de la vérité menait à l’être, qui est immuable et équilibré, et introduisirent le concept de « logos », la raison qui dirige le monde et qui, en dernière instance, résout, grâce à l’idée d’unité, tous les problèmes possibles.

(4) Thucydide (465-396 av. J.-C.) est un homme politique et historien athénien. Il est l’auteur de La Guerre du Péloponnèse, récit d’un conflit athéno-spartiate qui se déroula entre 431 av. J.-C. et 404 av. J.-C.

 

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