LA FRANCE : LES CHIFFRES QUI TUENT

Depuis dix ans, la France s’affaiblit, l’économie française va en diminuant et les Français vont en s’appauvrissant.

La France est endettée, notre croissance stagne, le chômage ne cesse de croître, malgré quelques rares accalmies, à 6 millions de chômeurs toutes catégories confondues, les dépenses publiques et les impôts explosent et notre compétitivité s’écroule.
Face à cela, des promesses électorales, toujours… aucune réforme sérieuse, une totale impuissance des politiques publiques, sans compter un euro et une Europe qui nous enferment dans la stagnation, pire, nous mènent à la récession.

Analysons.

 

  • Depuis la crise financière mondiale de 2007-2008, notre économie ne redémarre pas. Le taux de croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) français depuis dix ans n’a augmenté que de 4%, alors que pour la même période (2007-2016) il a augmenté de 7% en Allemagne, 8% au Royaume-Uni, 9% en Suède et 10% aux Etats-Unis.

  • La conséquence est que notre économie ne crée plus d’emplois et que, depuis 15 ans, le nombre d’emplois salariés marchands en France stagne à 16 millions, alors qu’il a progressé de 7% en Allemagne et de 10% aux Etats-Unis, toujours sur la même période.
    Depuis 2001, la France fabrique massivement des inactifs, plus de 3,5 millions de retraités et plus d’1 million de chômeurs, alors que, bien entendu, dans le même temps, la part des prestations sociales dans le revenu des ménages français a augmenté de 35%.
  • Pour l’entreprise, et donc notre compétitivité, les coûts salariaux ont augmenté de plus de 50% entre 1999 et 2013, alors que pour la même période, ils n’ont augmenté que de 30% en Allemagne. Sans compter l’effet des 35 heures qui perdure.
    Le nombre d’heures travaillées par habitant est en France le plus faible, à 600 heures travaillées par an, alors qu’il est de 700 en Allemagne et de 800 au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.
  • Notre système fiscal est de plus en plus pénalisant, e qui explique que près de 4 000 contribuables aux revenus supérieurs à 100 000 euros ont quitté la France en 2013, c’est-à-dire 40% de plus qu’en 2012.

  • Enfin, l’euro qui devait permettre le développement et la convergences des économies des Etats membres, a surtout permis de faire disparaître l’inflation pour le plus grand bonheur des détenteurs de capital et de faire perdre, tout particulièrement à la France moins compétitive que l’Allemagne, l’arme de dévaluation.

 

Ces quelques chiffres sont ce que j’appelle « des chiffres qui tuent », car ils montrent bien l’état de notre pays et de son économie.

Alors, je l’ai souvent écrit, et répété dans mes newsletters, on ne peut pas se satisfaire de ce rapport gouvernemental qui indique, à l’inefficace tandem Hollande-Valls, que les départs à la retraite libèreraient plus de 600 000 postes d’ici 2020. Et dans l’attente, miser sur les jobs précaires et l’assistanat, se contenter de la fameuse  ʺboîte à outilsʺ législative…

Aujourd’hui, ce qu’il faut, ce qu’il est urgent d’avoir, c’est une nouvelle vision pour la France, un changement de modèle de développement pour notre économie. Une nouvelle vision et de nouveaux investissements. En France comme en Europe, mais en France d’abord.

Car la France a besoin de nouvelles infrastructures dans les réseaux de fibres, le photovoltaïque, l’éolien de haute mer, de nouveaux investissements dans l’efficience énergétique et les immeubles autoproducteurs d’énergie, dans l’agriculture biologique et la transition énergétique. L’Europe aussi. Et pour ces investissements, bien d’autres encore, ce n’est pas 400 milliards d’euros qu’il faudrait injecter dans l’économie européenne, mais 2 000 milliards d’euros, comme le prônent les experts du Peterson Institute. Tous ces investissements seraient, bien entendu, accompagnés par une stratégie de filières, dans tous les domaines.

L’avenir de notre pays, et celui de l’Europe, est dans un nouveau développement, un projet pour le XXI° siècle…

Richard POGLIANO – Président du Cercle de Nice

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