La conférence environnementale

De taxe en taxe, les français vont finir par détester cette écologie à fiscalité punitive. Et le fiasco des deux dernières années va se poursuivre.

Le discours du chef de l’Etat à l’ouverture de la deuxième conférence environnementale, vendredi 20 septembre, a peut-être rassuré ses alliés écologistes, mais il n’a, en réalité, apporté aucune véritable vision ni réelles perspectives sur la transition énergétique.

Bien sûr, en faire une priorité est une bonne chose. Mais qui n’aurait pas pris la même décision ?

L’objectif de diviser par deux la consommation d’énergie d’ici 2050…là encore, qui ne serait pas d’accord ?

Pour le reste, pas grand-chose. Pas d’annonce concrète pour mettre en œuvre les objectifs déjà fixés l’an dernier. Pas de calendrier sur l’objectif de passer à 50 % d’électricité nucléaire en 2025, rien n’est dit sur les moyens qui seront dédiés à l’agence de la biodiversité, et à peine une phrase sur les emplois de la transition écologique. Même chose pour l’objectif annoncé de 30 % d’énergies fossiles en 2030 ; Or cela suppose un changement fondamental dans les modes de vie, et la question est de savoir quel type de croissance économique il faut mettre en œuvre

Actuellement, les énergies fossiles représentent plus de 70 % de la consommation totale d’énergie en France. Pour parvenir aux 30 %, le Président a fixé comme priorité la rénovation thermique des logements anciens, le développement des voitures électriques ou hybrides et la relance des énergies renouvelables.

Mais depuis deux ans on assiste aux graves effondrements du programme de rénovation thermique des bâtiments privés depuis deux ans. Même si le Gouvernement a annoncé une aide à la mobilisation et un soutien de 500 millions d’euros sur 2 ans, ce dont on peut se féliciter, cela n’aura malheureusement que peu d’effet.

Car cela n’a rien à voir avec le Grenelle de l’Environnement qui s’articulait autour : . d’un éco prêt à taux zéro pour financer les travaux, . d’un crédit d’impôt développement durable, . d’une TVA basse à 5.5 % pour les travaux dans l’habitat, . d’une mobilisation massive des pouvoirs publics et des éco artisans du secteur, . d’un programme d’économies d’énergie dans les bâtiments publics pour près de 600 millions de mètres carrés.

C’est la combinaison de ces différentes mesures qui a permis un développement puissant puisque, dès la deuxième année, 100.000 éco prêts à taux zéro ont été distribués et qu’ 1.6 million ménages ont utilisé le Crédit d’Impôt développement durable.

Depuis, le secteur s’est effondré de près de 60%, sous le double effet de la fin de la mobilisation de tous les acteurs et de la hausse de la TVA des travaux dans le bâtiment passant de 5.5 à 7% puis à 10% au 1er janvier prochain.

Il n’y aura donc aucun effet de ces annonces et le plan gouvernemental n’apparaît que comme une simple opération de communication, sans aucun effet.

Il serait pourtant temps que le Gouvernement prenne des mesures opérationnelles, après 18 mois sans aucune décision.

Qu’il relance les énergies renouvelables qui, après une montée spectaculaire dans les premières années suivant le Grenelle de l’environnement, ont connu une chute tout aussi grave que pour l’efficacité énergétique. Et que le Président a signé la fin des énergies renouvelables par la suppression annoncée de leur seule source de financement qu’est le tarif de rachat obligatoire par EDF.

Qu’il soutienne la biodiversité, mais aussi les grandes infrastructures de transports (notamment voies d’eau, transports ferroviaires et transports en commun en Site propre) qui doivent être aussi cœur des objectifs de toute politique environnementale.

Enfin, le bonus – malus qui a fait l’objet d’une première expérimentation pour les véhicules automobiles, et qui a eu un énorme impact pour orienter les consommateurs, doit faire l’objet d’une extension à quinze autres familles de produits, en particulier les produits blancs et bruns.

Le Président, lors de son discours d’ouverture, a demandé que son action ne soit jugée qu’en 2050…

D’ici là, les Français paieront des taxes et, bien sûr, une taxe carbone floue et sans contrepartie pour les ménages et les entreprises.

Et le fiasco écologique continue…

Richard Pogliano – Président du Cercle de Nice

 

 

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