LA CHUTE DE ROME (*) (6)

LA FIN

Il est généralement convenu que l’Empire d’Occident a disparu le 4 septembre 476, lorsqu’ Odoacre déposa Romulus Augustule.

En dépit d’une reconquête partielle par l’Empire romain d’Orient, l’Empire romain d’Occident ne se releva jamais. Sa chute marqua le début d’une nouvelle ère de l’histoire de l’Europe : le Moyen Âge.

L’Empire byzantin eut des prétentions sur les régions de l’Occident tout au long du Moyen Âge. Au vie siècle, les campagnes des généraux Bélisaire et Narsès permirent à l’empereur Justinien de reconquérir une grande partie de l’Occident : l’Afrique vandale fut reprise en 533, suivie de l’Italie elle-même (guerre des Goths de 535 à 553), ainsi qu’une partie de l’Espagne wisigothique.

La reconstitution de l’Empire parut alors à portée de mains ; mais l’influence des tribus barbares avait fortement marqué ces anciennes provinces romaines, à la fois culturellement et économiquement. Il coûta très cher à l’Empire byzantin de se maintenir dans ces régions où la culture et l’identité romaine, ciments de l’empire, avaient été sérieusement endommagées, bien que la question de la romanité reste encore sujette à caution. Les descendants de Romains se disent toujours Romains, les tribus assimilées sont fières de prendre part à cette glorieuse civilisation. En revanche, la pression fiscale imposée par Constantinople est jugée insupportable par les populations, et en fin de compte, les conquêtes de Justinien furent abandonnées ou perdues, et l’Orient et l’Occident suivirent des voies séparées.


Laissons conclure Bryan Ward-Perkins, historien de l’université d’Oxford : « 
La chute de l’Empire Romain révèle aussi une autre singularité : dans l’histoire, d’ordinaire, tous les empires se sont écroulés parce que les peuples qui les constituaient ont voulu s’en affranchir. Or les peuples qui constituaient l’Empire Romain voulaient y rester, et d’autres peuples ont voulu y être intégrés. La dérégulation (ou l’impossible régulation) de cette intégration a causé la chute de l’empire. Certes, son établissement avait été brutal pour les populations locales mais, au IV° siècle, toutes les élites provinciales, et peut-être au-delà, se le sont approprié. Cela rend le modèle romain vraiment unique ».

(*) In ʺL’Histoireʺ – M01842-416-1015

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