LA CHUTE DE ROME (*) (4)

LE SAC DE ROME
Stilicon exécuté, des milliers de Goths qui avaient fui l’esclavage et la guerre contre les Huns pensant trouver terres et paix avec Rome, exténués par de longs périples, exposés aux maladies, se révoltèrent.
Le premier sac de Rome en 410 fut donc la réponse d’Alaric, le chef des Goths, aux aveuglements d’Honorius et à son refus de trouver un compromis de paix.
Enfermé dans son palais de Ravenne, Honorius ne prit aucune décision, ni diplomatique ni militaire, et abandonna Rome à son tragique destin.

Car Rome était de plus en plus vulnérable. Hors son imposante muraille édifiée entre 270 et 275 par l’empereur Aurélien, aucune véritable garnison n’était installée, les contingents militaires étant redéployés principalement sur Ravenne et, accessoirement sur Milan et Vérone.
Aussi un simple siège suffisait à priver la ville de ravitaillement et donc décimer sa population par la faim et les épidémies.
Lorsqu’Alaric et se Goths se présentèrent aux portes de Rome en ce 24 août 410, la porte Salaria s’ouvra toute grande aux barbares.
Trahison ? Reddition ?
Nul ne sait vraiment…
Mais à Ravenne, personne ne bougea !
Alaric avait donné toute liberté à ses hommes. Toutefois, les Goths se devaient d’épargner tous ceux qui avaient pu se réfugier dans un lieu de culte chrétien, Alaric étant lui-même de confession chrétienne.
Durant trois jours, du 24 au 27 août, Rome fut saccagée et les Romains massacrés. Tous les édifices publics, toutes les grandes demeures sénatoriales furent pillés et les Goths amassèrent un butin énorme. Naturellement les trésors les plus remarquables étaient réservés au chef des Goths, ainsi Alaric reçut le trésor de Salomon, symbole du pouvoir des rois de l’Ancien Testament.
Après ces trois jours de pillage, Alaric décida de quitter Rome, rejoindre la Sicile et s’emparer des riches provinces d’Afrique. Mais il mourut en chemin, en Calabre où il fut enseveli…
Dès le départ des Goths, les Romains s’employèrent à effacer les traces des destructions et le gouvernement impérial décida de reconstruire la cité.
Le sac de 410 avait montré que Rome n’était plus imprenable.
Une reprise était-elle encore possible ?

(à suivre)

(*) In ʺL’Histoireʺ – M01842-416-1015

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