LA CHUTE DE ROME (*) (3)

LES INVASIONS BARBARES

Janvier 395 : c’est la première agression des Huns contre l’Empire Romain.
L’empereur Honorius (395-423), fils de Théodose Ier, et Stilicon le général régent d’Honorius, véritable maître de l’Empire d’Occident au début du V° siècle, décidèrent de transporter la capitale de Milan à Ravenne, ce qui fut définitivement fait en 402. Située sur la côte nord-ouest de l’Adriatique, la ville de Ravenne se trouvait dans un territoire marécageux qui permettait d’assurer la défense naturelle face aux menaces des Wisigoths.

Or, en ce début du V° siècle, quittant la frontière danubienne sous la conduite énergique de leur chef Alaric, les Goths entreprirent une longue campagne à travers les provinces de l’empire. Devant la menace, Stilicon avait fait retirer de Gaule la plupart de ses troupes, ce qui eut pour conséquence de dégarnir le dispositif frontalier que les Romains avaient établi sur le Rhin. Ce qui permit aux Wisigoths d’Alaric, puis aux Vandales coalisés avec les Alains et les Suèves, de traverser le Rhin en décembre 406 sans rencontrer aucune résistance.

Tout change alors.

Le Rhin n’est plus cette ligne de démarcation infranchissable entre la civilisation romaine et le ʺBarbaricumʺ. Et les vagues d’assaillants vont se succéder, les unes après les autres, pour aboutir à l’occupation d’une grande partie de la Gaule et de l’Espagne. Ce furent les ʺInvasions Barbaresʺ…

Le terme ʺbarbareʺ vient du grec ʺbarbarosʺ qui exprime la sensation d’étrangeté, face à tout ce qui n’est pas grec. Au fil des siècles, ce terme prend une connotation des plus péjoratives. Et sous les Romains, les ʺbarbaresʺ sont ceux qui menacent les territoires de l’Empire. Compte tenu de la violence et de la sauvagerie des combats de l’époque, la ʺbarbarieʺ est devenue une expression qualifiant des actes de grandes cruautés et brutalités.

C’est donc la disparition de la frontière du Rhin qui a favorisé les ʺInvasions Barbaresʺ, par des peuplades de souche germanique et d’autres tribus, comme les Huns ou les Alains. Le sac de Rome en août 410 n’est donc qu’une conséquence de la désagrégation de ces frontières.
Le chef des Goths, Alaric, était soucieux de conserver les territoires qu’ils avaient annexé et, en fin diplomate, prêt à négocier avec le pouvoir romain, particulièrement avec Stilicon. Ce dernier semblait y être favorable, conscient que les Goths souhaitaient vivre en paix. Mais l’empereur Honorius fit exécuter Stilicon en 408 et rejeta les propositions d’Alaric.

Le drame allait alors se jouer…

(à suivre)

(*) In ʺL’Histoireʺ – M01842-416-1015

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