LA BEREZINA SOCIALISTE

En mars, le chômage a atteint un nouveau record avec 3,77 millions de demandeurs d’emploi sans activité et 6,5 millions si l’on compte les demandeurs ayant exercé une petite activité.

Malgré une très faible inflexion, on retourne sur la dramatique trajectoire de 2014, avec une forte dégradation de la situation des jeunes, pour qui les ʺemplois d’avenirʺ n’apportent plus rien, et surtout celle des chômeurs longue durée. Seul le chômage des seniors ralentit un peu.

Rien d’étonnant à cette Bérézina.

Nous l’avons dit, et répété.
Tant que la croissance ne s’installera pas au taux de 1,5%, aucune stabilisation du chômage n’est à prévoir.
Et tant que cette croissance ne sera pas durablement supérieure à 1,5%, aucune diminution du chômage n’est à attendre.

Ce ne sont pas les mesurettes prises par le gouvernement socialiste, ni le pacte de responsabilité, ni les lois Macron et Rebsamen, encore moins le saupoudrage clientéliste à travers les emplois aidés et autres primes d’activité, qui endigueront le chômage français. Encore moins l’enfumage de satisfaction médiatique du Président et de son Premier ministre qui prétendent créer 900 000 postes d’ici à 2020. Ou ils n’ont rien compris, ou ils font semblant, ce qui dans les deux cas est tout aussi grave…

Ce ne sont pas non plus les propositions du patron du MEDEF, Pierre Gattaz (1), ni le modèle anglais(2) qui seraient à même de nous faire retrouver la croissance. D’autant qu’une étude du FMI constate « que les mesures portant sur la flexibilisation et le changement des règles du marché du travail aboutissent à faire baisser la croissance potentielle ». Donc, toutes ces propositions sont totalement contre-productives.

En fait, l’inefficace tandem Hollande-Valls table sur un rapport gouvernemental qui estime que les départs à la retraite libèreraient plus de 600 000 postes d’ici 2020. Dans l’attente, ce même tandem mise sur les jobs précaires et l’assistanat… Et se contente de la fameuse ʺboîte à outilsʺ législative… Quel projet pour la France !

Je l’ai souvent écrit, et répété, dans mes newsletters, en cette période de ralentissement mondial, une politique d’incitation fiscale et de formation dans des secteurs d’activité d’avenir est la seule solution pour relancer la croissance, et créer de l’emploi.

Assez de mesurettes !


Il faut une nouvelle vision pour la France, un changement de modèle de développement pour notre économie. Une nouvelle vision et de nouveaux investissements. En France comme en Europe, mais en France d’abord.

Car la France a besoin de nouvelles infrastructures dans les réseaux de fibres, le photovoltaïque, l’éolien de haute mer, de nouveaux investissements dans l’efficience énergétique et les immeubles autoproducteurs d’énergie, dans l’agriculture biologique et la transition énergétique. L’Europe aussi. Et pour ces investissements, bien d’autres encore, ce n’est pas 400 milliards d’euros qu’il faudrait injecter dans l’économie européenne, mais 2 000 milliards d’euros, comme le prônent les experts du Peterson Institute. Tous ces investissements seraient, bien entendu, accompagnés par une stratégie de filières, dans tous les domaines.

L’avenir de notre pays, et celui de l’Europe, est dans un nouveau développement, un projet pour le XXI° siècle, pas dans une ribambelle de petites mesurettes…

Richard POGLIANO, Président du Cercle de Nice

(1) ʺRegards en coinʺ de la Newsletter du 4 mai 2015.

(2) ʺRegards en coinʺ de la Newsletter du 11 mai 2015.

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