JOUER A QUI PERD… PERD !

Hier, Ministre de l’Intérieur, il a redécoupé les cantons, divisant leur nombre par deux, tout en maintenant le même nombre de Conseillers Généraux, pardon Départementaux. Et il a instauré cet extravagant scrutin binominal paritaire !

Aujourd’hui, Premier Ministre, il nous explique que cela ne servira à rien, puisqu’il faut supprimer les départements, et réduire le nombre de Régions de moitié, probablement en conservant le même nombre de Conseillers Régionaux. Tout cela à l’horizon 2021 !

Encore faudrait-il, après avoir obtenu l’approbation à la majorité simple de l’Assemblée Nationale et du Sénat, obtenir un vote favorable des 3/5ème du Parlement réuni en Congrès, ou avoir consulté le peuple français par voie référendaire. Car, les départements et les régions sont inscrits à l’article 72 de notre Constitution, au Titre XII, « Des Collectivités Territoriales ». Le chemin est donc encore long !

Mais en attendant, les collectivités territoriales vont devoir se mettre au régime. Et quel régime ! 11 milliards d’euros de réduction de dépenses d’ici 2017, en sus des 3 milliards d’euros de diminution de la Dotation Globale de Fonctionnement (DGF) pour les années 2014 et 2015.

Un trou noir pour toutes les collectivités !

Des sommes qui vont obérer toutes les capacités d’investissement locales, accroître le chômage dans les régions et appauvrir nos territoires, particulièrement ceux qui étaient déjà en grande difficulté.
C’est jouer à qui perd… perd !

Car ne nous y trompons pas. Face au désengagement croissant de l’Etat, les collectivités territoriales, de la commune à la région, ont pris l’habitude de tenir le rôle d’amortisseur social et de pilote dans le développement économique local.

Il est donc tout à fait contreproductif d’amoindrir leur capacité d’action, tout comme il est insupportable de le faire sans intégrer les particularismes de chacun, avec un calendrier intenable et une méthode inadaptée. Sans compter les contradictions qui, dans le même temps, entraînent de la part de l’Etat des augmentations de coûts automatiques pour les collectivités, comme par exemple pour la refonte des rythmes scolaires, 1 milliard par an.

Alors, non seulement on ne comprend plus la question posée : le problème est-il le niveau d’endettement des collectivités ou celui de la dépense publique ? Mais on ne peut que s’interroger sur l’argument qui veut que toute diminution de crédit s’accompagne d’une diminution de la dépense, et que toute diminution de la dépense entraîne automatiquement une diminution de la dette.

Si ce n’est que le Premier Ministre aligne des chiffres de manière purement comptable, pour répondre aux directives de Bruxelles, comme s’il semait des cailloux pour s’assurer de trouver le chemin des Elections Présidentielles de 2017 !

La vérité c’est qu’en matière de politiques budgétaires publiques, il nous faut faire preuve d’imagination, de création et surtout de remise en cause. Aussi bien dans la définition des objectifs prioritaires que dans la recherche des financements.
Et ne plus raisonner en se disant que ce sont les crédits qui permettent les projets, mais qu’au contraire, ce sont les projets qui attirent les capitaux.


Richard POGLIANO – Président du Cercle de Nice

 

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