IL N’EN FINIT PLUS D’AUGMENTER…

Depuis l’arrivée de François Hollande à l’Elysée, le chômage a connu trente et un mois de hausse sur trente cinq.

En mai 2012, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits en catégorie A était de 2 927 600, deux millions neuf cent vingt sept mille six cents. Il était en avril 2015 de 3 536 000, trois millions cinq cent trente six mille ! Soit une hausse de + 20,7 %.

Après s’être engagé le 9 septembre 2012 au ʺ20 heuresʺ de TF1 à « inverser la courbe du chômage d’ici un an », François Hollande déclare vingt mois plus tard, le 18 avril 2014, « si le chômage ne baisse pas d’ici à 2017, je n’ai aucune raison d’être candidat, ou aucune chance d’être réélu ».

Depuis cette dernière déclaration, le chômage n’en finit plus d’augmenter…
Au rythme moyen actuel, une projection donnerait un nombre de demandeurs d’emploi inscrits en catégorie A de 3 970 057, trois millions neuf soixante dix mille cinquante sept, en mai 2017. Soit 1 042 971 chômeurs de plus pendant le seul quinquennat de François Hollande ! Record battu… +35% !

Et ce n’est pas l’annonce le 1er juin dernier de la création de 100 000 emplois aidés, s’ajoutant aux 450 000 déjà existant, qui changeront quelque chose. Ni les vieilles recettes annoncées comme nouvelles par le gouvernement ! Las, pour lutter contre le chômage, les socialistes enrichissent la courbe de leur langage… proportionnellement à celle du chômage ! Mais de résultat, aucun.

François Hollande est plus préoccupé par sa propre réélection que par le sort des millions de demandeurs d’emploi. Et le Premier ministre Manuel Valls par sa propre image, montrant aujourd’hui qu’elle est de plus en plus en trompe l’œil…

Tout comme d’ailleurs, les véritables chiffres du chômage.

Car l’augmentation de 608 400 chômeurs de mai 2012 à avril 2015, ne concerne que les demandeurs d’emploi de catégorie A, c’est-à-dire les personnes en recherche d’emploi et qui n’ont aucune activité. A ces chômeurs de catégorie A, il faut ajouter les catégories B et C (un total de 1 810 000 comptabilisé par Pôle Emploi) qui sont les demandeurs d’emploi ayant exercé une activité réduite, ainsi que les catégories D et E ( un total de 653 200) qui sont les demandeurs d’emploi dispensés de recherche d’emploi, chiffres d’avril 2015.
Cela nous donne donc un total général pour avril 2015 de 5.999.200 demandeurs d’emploi, quasiment 6 000 000, six millions !

Quand on sait que chaque année, depuis 2012, 130.000 postes sont détruits et 120.000 nouveaux arrivent sur le marché, cela nécessite de créer, a minima, 250.000 emplois par an pour les absorber… sans pour autant diminuer les 6 millions de chômeurs existants.
Il faudrait à la France une croissance supérieure à 1,5 % pour créer quelque 150.000 emplois. Or la croissance prévue pour notre pays est toujours en deçà…

C’est bien pour cette raison qu’il faut changer de politique, en France et en Europe.

Se dire d’abord que les réductions de dépenses publiques, si elles ne sont pas ciblées, ont un impact plus négatif que prévu sur l’économie. Et qu’il n’y a pas de réponse générale dans le débat entre baisse des dépenses et hausse des impôts, tout comme celui entre relance par la demande ou par l’offre. Tout dépend du choix de société que nous faisons, de la place de l’Etat et du rôle plus ou moins important qu’on souhaite lui donner. Et c’est seulement après avoir tranché ce débat que l’on peut décider des actions à entreprendre pour revenir à l’équilibre budgétaire et relancer l’économie du pays.

Se dire aussi que notre pays traverse une crise non plus seulement financière, mais systémique et énergétique. Et que pour faire face à ce que j’appellerai la Troisième Révolution Industrielle, il faut à la France à la fois une plus grande décentralisation des politiques industrielles, et tout particulièrement dans le domaine de la transition énergétique et des énergies renouvelables, et une intervention forte des pouvoirs publics pour mettre en place de nouvelles filières, de nouvelles infrastructures et un Etat, pilote et stratège, qui incite tous les acteurs socio-économiques à relever ces nouveaux défis.

Se dire enfin que l’Europe a un rôle essentiel, non seulement monétaire, avec une baisse de l’Euro, mais surtout dans la relance de l’investissement pour de grands projets, qui contrebalancent les effets pervers de l’austérité, insuffisants mais qui, aujourd’hui, vont dans le bon sens. Redéployer les fonds structurels du budget européen, c’est-à-dire une centaine de milliards d’euros, vers des projets pérennes et ciblés sur l’emploi, particulièrement celui des jeunes. Relancer, et surtout multiplier, les fameux emprunts obligataires project bonds pour financer les secteurs d’avenir pour notre continent européen, à savoir l’énergie, les transports, la croissance verte.

C’est tout cela, entre autre, qui pourrait permettre de recréer un peu de croissance, voire une croissance durable.
Faute de quoi, les conséquences sur la France seraient dramatiques, encore plus dramatiques.

Richard POGLIANO – Président du Cercle de Nice

Les commentaires sont fermés.