IL FAUT UNE VISION, PAS UNE RIBAMBELLE DE REFORMETTES…

A la suite de très nombreuses réactions, je voudrais développer mon argumentation sur mon billet « Loi Macron, la grande illusion(*) ».

L’année 2015 s’annonce mal pour l’économie française, avec une croissance qui au mieux sera de 0,5%, ou quasiment nulle, avec un chômage et une dette publique qui vont continuer d’augmenter, inexorablement. Et je ne parle pas des rendez-vous politiques du gouvernement socialiste qui devra affronter des élections départementales catastrophiques en mars, suivies d’élections régionales tout aussi calamiteuses en décembre, avec entre temps un congrès cacophonique et une majorité au parlement de plus en plus rétrécie.

Les dirigeants d’entreprises ne s’y trompent pas qui, dans le dernier sondage ʺOpinion Way – Banque Palatineʺ du 4 décembre, sont plus de la moitié à se déclarer inquiet pour l’avenir de la France, et donc à choisir de ne plus investir, ce qui n’était plus arrivé depuis 2012. Toujours d’après le même sondage, le degré de confiance dans l’économie française à horizon de six mois est passé de 24% au début 2014 à 12% pour cette fin d’année.

C’est dire si la loi Macron, présentée par Manuel Valls comme « une vraie loi de gauche pour libérer la croissance », ne passe pas et, surtout, n’induit aucune impulsion pour relancer l’économie. Même si 58% des citoyens français, d’après une autre enquête (**), déclaraient être prêts à la voter s’ils étaient députés.

Toutes les réformettes de cette loi, travail le dimanche, professions juridiques réglementées, exploitation des lignes d’autocar, réforme des prudhommes, actionnariat salarié, plans sociaux, etc., ne représente aucune vision pour la France, aucun changement de modèle de développement pour notre économie. Et même si l’Europe semble vouloir se ressaisir avec le plan Juncker, la zone Euro reste des plus fragiles, à la merci d’une nouvelle crise qui la plongerait à nouveau dans le chaos.

Et surtout, ce qu’il faut, c’est une nouvelle vision et de très lourds investissements. En France comme en Europe, mais en France d’abord.

Car la France a besoin de nouvelles infrastructures dans les réseaux de fibres, le photovoltaïque, l’éolien de haute mer, de nouveaux investissements dans l’efficience énergétique et les immeubles autoproducteurs d’énergie, dans l’agriculture biologique et la transition énergétique. L’Europe aussi. Et pour ces investissements, bien d’autres encore, ce n’est pas 400 milliards d’euros qu’il faudrait injecter dans l’économie européenne, mais 2 000 milliards d’euros, comme le prônent les experts du Peterson Institute.

L’avenir de notre pays, et celui de l’Europe, est dans un nouveau développement, un projet pour le XXI° siècle, pas dans une ribambelle de petites réformettes…

Richard POGLIANO – Président du Cercle de Nice

(*) Newsletter du 15.12.14
(**) ʺOdoxa-Les Echosʺ


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