HARO SUR LE LIBERALISME FMISTE !

Enfin… il était temps !

Trois économistes du Fonds Monétaire International, FMI (*), viennent de publier dans la très sérieuse revue dudit Fonds un article explosif intitulé « Le néolibéralisme est-il survendu ? ». En remettant totalement en question les remèdes et programmes que le FMI fait appliquer aux économies nationales, comme on a pu, ici, voir le cas de la Grèce (**).

Que disent-ils ?

Que les théories néolibérales inspirées de Milton Friedman n’ont que rarement produit les effets escomptés, même si parfois cela a pu favoriser l’essor de certains pays émergents.

Que la concurrence pure et parfaite et les dérégulations tous azimuts ont conduit au développement de la spéculation et des crises financières, 150 crises dans 50 pays pour les 35 dernières années !

Que les politiques d’austérité imposées, à coup de réductions drastiques et aveugles de la dette et des déficits, ont eu le plus souvent des effets catastrophiques sur l’économie des pays et on conduit à accroître les inégalités.

Alors…
Alors, même s’il ne faut pas s’attendre à un changement immédiat de la politique du FMI, on peut penser qu’enfin de véritables remises en cause vont voir le jour.

Et surtout souhaiter qu’en France nos politiques, de droite comme de gauche, réalisent que le « tout libéral », pire, l’ultralibéralisme, n’est pas la solution.

Que c’est l’imagination et la vision qui doivent l’emporter sur le « laissez faire, laissez passer »…
Que toutes les réformettes ne représentent aucune vision pour notre économie, aucun changement de modèle de développement  pour la France.

Que ce qu’il faut, c’est une nouvelle vision et de très lourds investissements. En France comme en Europe, mais en France d’abord.

Car la France a besoin de nouvelles infrastructures dans les réseaux de fibres, le photovoltaïque, l’éolien de haute mer, de nouveaux investissements dans l’efficience énergétique et les immeubles autoproducteurs d’énergie, dans l’agriculture biologique et la transition énergétique. L’Europe aussi. Et pour ces investissements, bien d’autres encore, ce n’est pas 400 milliards d’euros qu’il faudrait injecter dans l’économie européenne, mais 2 000 milliards d’euros, comme le prônent les experts du Peterson Institute.

L’avenir de nos économies, de notre pays, est dans un nouveau développement, un projet pour le XXI° siècle…

Richard POGLIANO


(*)
Newsletter du 14.03.2016

CHRISTINE  LAGARDE  ET  LE  F.M.I. (*)

Un peu d’histoire.
Le Système Monétaire International a été mis en place par les  » accords de Bretton-Woods  » (signés le 23 juillet 1944, dans une petite ville du New Hampshire, au nord-est des Etats-Unis), pour organiser les règlements monétaires internationaux entre les pays d’économie capitaliste.
Le FMI (Fonds Monétaire International) est  un organisme créé par la Conférence monétaire internationale de Bretton-Woods pour assurer la bonne marche des mécanismes de crédit internationaux et faire régner la discipline internationale en matière monétaire. Il fonctionne aussi comme une banque qui vient en aide aux pays qui doivent faire face à des déséquilibres monétaires graves.

Ce mois-ci, malgré ses démêlés judiciaires dans l’affaire Tapie (1), Christine Lagarde a été réélue à la tête du FMI, après avoir été nommée le 5 juillet 2011 en remplacement de Dominique Strauss-Kahn (2).
Or aujourd’hui, la stabilité de système monétaire international, dont le FMI est le garant, est mise à mal. D’autant que, le plus souvent, l’austérité imposée aux pays endettés, à qui le FMI a accordé des crédits, a aggravé leur situation.
Hors la réforme de son fonctionnement interne qui semble porter ses fruits (3),  qu’en est-il de la gestion du FMI, et de sa Directrice Générale, dans le maintien de la stabilité monétaire internationale ?

Tout semble craquer, de partout…

C’est au FMI qu’il appartient de prévenir les guerres monétaires entre les pays, à lui de surveiller les risques engendrés par leurs politiques des taux d’intérêt. Si les taux sont bas, la monnaie se déprécie mais l’économie est relancée. Si les taux sont hauts, la monnaie prend de la valeur et les crédits deviennent plus coûteux, aussi bien pour les entreprises que pour les particuliers.

Or, au lendemain de la crise, la FED (la Banque centrale américaine) et la BCE (son homologue européenne) ont  mené des politiques de taux proches de zéro pour soutenir leurs économies. De très importants, d’énormes crédits ont alors étaient injectés dans le système, au risque de créer des bulles spéculatives. Bien entendu, lorsque la FED a remonté ses taux, certains pays ont gravement souffert de cette décision, comme par exemple le Brésil.

Le FMI n’a donc pas joué son rôle d’alerte. On ne l’a nullement vu, ni entendu, faire des préconisations contraignantes aux Etats-Unis ou à l’Europe. Ni même avertir des risques que les politiques conduites par la BCE ou la FED pouvaient engendrer.


Quant à la gestion de la crise de la dette de la Grèce par le FMI, on ne peut que s’interroger.
Certes, Christine Lagarde hérite de ce dossier dans lequel le FMI était déjà intervenu en 2010, sous le mandat de Dominique Strauss-Kahn. Mais, c’est elle qui participe au deuxième plan d’aide (28 milliards d’euros) en 2012.

Or, la situation de la Grèce ne s’est pas amélioré, bien au contraire.
Certes, le pays n’a pas quitté la zone euro, mais son économie s’est effondrée sous l’effet  des politiques d’austérité (réforme des retraites, baisse du salaire minimum, privatisations, baisses des dépenses publiques, etc.) imposées par le FMI et ses partenaires européens.
Ainsi la Grèce a connu six années de récession consécutives…
A telle enseigne qu’en Grèce le FMI fait figure d’épouvantail et  que son premier ministre Alexis Tsipras refuse toute nouvelle aide de l’institution et lui prête « une responsabilité criminelle ».

Heureusement que l’économiste en chef du FMI, le français Olivier Blanchard a reconnu que l’institution s’était trompée. Au moins le FMI a-t-il le courage de reconnaître ses erreurs, contrairement à la Commission Européenne…

Le FMI n’a donc pas de quoi pavoiser.

(**)
« REGARDS EN COIN » n°43 de la Newsletter du 09.05.206

FMI, le tango monétaire

Aujourd’hui, cela fait six ans que la Grèce est sous tutelle et elle attend une nouvelle tranche de 5 milliards d’euros dans le cadre du troisième plan d’aide international.
Or Athènes doit honorer une échéance de 5,5 milliards d’euros le 20 juillet…

Dans un compte rendu confidentiel, publié par WikiLeaks le 26 mars dernier, les responsables du FMI évoquent la possibilité de laisser le pays faire défaut cet été, afin de se débarrasser du problème sur le dos des Européens.
Aussitôt, le Premier ministre grec Alexis Tsipras a réagi par un courrier du 2 avril, exigeant des explications à « Dear Christine » (chère Christine). La directrice générale du Fons Monétaire International, Christine Lagarde, lui a répondu par un « Dear Prime Minister » (cher Premier ministre) très distant, réfutant l’information selon laquelle le FMI laisserait la Grèce faire défaut cet été.

Par le passé, à propos de l’Allemagne, du Portugal et de la Grèce, la directrice générale du FMI a souvent utilisé l’expression « It takes two to tango »…

           Wait and see.  


« REGARDS EN COIN » n°44 de la Newsletter du 23.05.206

             La Grèce au bord du précipice(*)

Selon une étude de l’European School of Management and Technologie de Berlin (ESMT) (**), seuls 5% des 220 milliards d’euros alloués par les plans de sauvetage sont réellement tombés dans les caisses de l’Etat Grec.

Les 95% restants ont été utilisés pour :
– rembourser d’anciens crédits,
– recapitaliser les banques grecques,
– payer les intérêts dus aux banques internationales,
– rembourser les intérêts de la dette souveraine.

Aléxis Tsipras, le Premier ministre, n’a pas pu relancer l’économie de son pays autrement qu’en coupant dans les dépenses, ce qui n’est pas la bonne façon pour créer de la croissance…
Et les créanciers, Union Européenne (UE) et Fonds Monétaire International (FMI), réclament encore des économies de 5,4 milliards d’euros d’ici à 2018.
           Alors la Grèce, qui reste au bord de la faillite et sans aucune croissance pour son économie, vient d’adopter une réforme des… retraites !

(*)De nombreux lecteurs m’ont demandé les raisons pour lesquelles je parlais souvent de la Grèce dans mes « Regards en Coin ». La réponse est simple : pour montrer ce qu’il ne faut surtout pas faire lorsqu’un pays est en crise profonde ! Si cela nous arrivait un jour…

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