GUERRE DES TRANCHEES A BRUXELLES…

L’Italie, comme la France, a une dette publique qui s’élève à 2 000 milliards d’euros. En France cela représente 98,3% du PIB, alors que pour l’Italie le pourcentage est de 135% du PIB. Car l’Italie est, avec la Grèce, le pays européen qui voit son PIB diminuer, alors que partout ailleurs, bon an mal an, il stagne ou se redresse.

L’Italie présentera donc à Bruxelles un budget 2015 en hausse, faisant voler en éclat le sacro-saint plafond de 3% de déficit.
La France a transmis ce 15 octobre à Bruxelles, un budget 2015 qui ne respecte en rien les contraintes européennes règlementaires de la zone euro. Parce que notre déficit public est prévu à 4,3% du PIB au lieu de 3%. Et que dans notre budget 21 milliards d’euros d’économies sont inscrits, dont 2 milliards restent encore à trouver, alors que Bruxelles en réclame 8 de plus.

Ce lundi 20 octobre, Michel Sapin et Emmanuel Macron seront reçus par leurs homologues allemands, Wolfgang Schäuble et Sigmar Gabriel, pour négocier de nouveaux délais et obtenir un avis favorable de Bruxelles, qui doit se prononcer sur les budgets 2015 des pays membres au plus tard le 30 novembre.

C’est une véritable guerre des tranchées qui va s’instaurer.
Entre un président français fragilisé, attaqué par ses frondeurs socialistes, lâché par ses alliés verts, et peut-être demain par ses radicaux de gauche, et une chancelière allemande inflexible, soutenue par un noyau dur, Finlande, Benelux, et des pays qui ont déjà redressé leurs comptes, Espagne, Portugal.
Avec, en ligne de mire, le risque d’une déflation européenne que redoutent aussi bien la BCE que les organismes internationaux, OCDE et FMI.
Et deux présidents de la Commission Européenne qui ne voudront pas rater le 1
er novembre, l’un José Manuel Barroso sa sortie, et l’autre Jean-Claude Juncker son entrée.

Une guerre de tranchées, de reculades, sur le front des réformes, en rodomontades, sur le plan médiatique.
Avec les réactions d’un 1
er ministre, Manuel Valls, « je n’accepte pas deleçons de bonne gestion », celle d’un ministre des finances, Michel Sapin, «  nous sommes dans les clous de nos engagementseuropéens » et celle d’un ministre de l’économie, Emmanuel Macron, qui se donne «  six mois pour inverser la courbe du doute » !

Et pour résultat, un nième rapport sur ʺles domaines prioritaires d’investissement et de réformes structurellesʺ confié à l’économiste Jean Pisani-Ferry, à remettre mi-novembre, la veille du vote solennel du budget à l’Assemblée, le 18 novembre. Une poignée de jours avant la réunion de l’Eurogroupe, le 21 novembre, et avant la date limite à laquelle Bruxelles émet ses recommandations pour les pays en déficit excessif, le 30 novembre.

Dans le même temps, le 1er ministre italien Matteo Renzi, après avoir fait voter son budget au Sénat le 8 octobre, déclarait : « Si je n’arrive pas à changer l’Italie, je changerai de boulot » !

Richard POGLIANO – Président du Cercle de Nice

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