Finances: l’Allianz Riviera dans le viseur de l’Etat

(In NiceMatin.com – 13.09.12)

Les partenariats public-privé qui, depuis 2008, permettent de financer de nombreux grands chantiers font l’objet d’un audit de l’Inspection générale des finances. Parmi eux, le futur Allianz Riviera et ses 35 000 places en cours de construction…

Il n’y a plus d’argent dans les caisses de l’État. Et du coup, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault s’est mis en mode « économie à tous les étages ». Et, quitte à récupérer des sous quelque part, pourquoi ne pas « gratter » sur les grands chantiers initiés sous la présidence de Nicolas Sarkozy ?

C’est en tout cas ce que compte faire le ministère de l’Économie qui selon nos confrères d’Aujourd’hui en France regarde depuis quelques mois d’un air suspicieux les partenariats public-privé (PPP) contractés par l’État et les collectivités territoriales avant l’avènement de François Hollande pour financer de nouvelles grandes infrastructures comme des prisons, des hôpitaux, mais aussi des autoroutes ou… des stades de foot !

Autorisés depuis 2004, ces PPP permettent à l’État ou a une collectivité de passer un contrat avec une entreprise privée qui assure la construction, la gestion mais aussi et surtout le financement en échange d’un loyer annuel. Ce système permet aux pouvoirs publics de ne pas verser un centime dans un premier temps et de disposer de son équipement dans un délai généralement court. L’inconvénient, c’est que la durée de location est tellement longue que le coût initial du projet s’en retrouve multiplié par deux, trois, voire quatre !

Le ministre des Finances sollicité

Le Grand stade de Nice est l’exemple parfait de ce type de PPP. Le coût total du projet est de 243,5 millions d’euros TTC, financé à hauteur de 69 millions par des subventions publiques : 16 M pour la Ville de Nice, 6 M pour la Métropole Nice Côte d’Azur, 20 M pour le conseil général, 7 M pour le conseil régional et 20 M pour l’État. Durée du contrat conclu par la Ville de Nice avec Nice Eco Stadium pour la conception, le financement, la construction, l’exploitation et la maintenance du Grand stade : 30 ans. Pour « alléger » la facture, la Ville de Nice a aussi passé un contrat de « naming » avec la compagnie d’assurance Allianz qui lui versera 1,8 million d’euros par an pendant neuf ans pour avoir le droit d’apposer son nom au stade.

Le chantier du stade, dont la livraison est prévue à l’été 2013, avance à grands pas. Et tout serait parfait si… l’Inspection générale des finances (IGF), véritable bras armé de Bercy, n’avait pas décidé de mettre l’Allianz Riviera et le Musée du sport qu’il abritera dans la liste des grands équipements audités. Si certains grands équipements dont les travaux n’ont pas encore commencé pourraient être remis en question par le rapport de l’IGF attendu cet automne, il n’en sera évidemment rien de l’Allianz Riviera dont les tribunes attirent déjà le regard des automobilistes du côté de Saint-Isidore. Mais l’État pourrait décider de surseoir au financement qu’il avait initialement promis. Ce qui a immédiatement fait réagir le député-maire de Nice Christian Estrosi : « Je viens d’écrire au ministre des Finances pour clarifier le rôle de l’Inspection générale des finances diligentée sur les partenariats public-privé, afin d’avoir la confirmation que celle-ci ne remette pas en cause la convention signée entre la Ville de Nice et le Centre national pour le développement du sport le 31 décembre 2011», explique le président de la Métropole. Et de menacer : « Je suis prêt à envisager par anticipation toutes les actions nécessaires pour que l’État ne revienne pas sur son engagement de subvention à hauteur de 20 millions d’euros ».

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