FAILLITE DE LA FRANCE : VERITE CACHEE, IMMOBILISME AFFICHE…

L’Etat français est en situation de faillite. Le premier à en avoir parlé fut François Fillon en 2007. Aujourd’hui, c’est Michel Sapin qui le dit. Certes démenti par le Premier Ministre, quand le Président de la République en « plaisante ». Vérité cachée.

En réalité, c’est la question de ce début d’année 2014. Mais le sujet est tabou pour le pouvoir en place. Il ne faut surtout pas en parler. Du moins publiquement. Il ne faut pas affoler les agents économiques, des consommateurs aux banquiers, des épargnants aux chefs d’entreprise.

Même si la question hante tous les esprits, de Bercy à Matignon et de Matignon à l’Elysée. Même si chacun appréhende les conséquences désastreuses que le marché imposerait à la France, comme il l’a déjà fait pour la Grèce, ou pour l’Espagne.

Certes, la France emprunte toujours à des taux très bas. Et donc le malade continue de vivre… sous perfusion ! Immobilisme affiché. Mais prenons garde d’un réveil au printemps, avec le retour de taux beaucoup plus élevés. Prenons garde qu’alors les remèdes urgentistes ne tuent le malade, plutôt que de le guérir.

Car si nous sommes convaincus de la nécessité d’un retour rapide à l’équilibre budgétaire, et donc de la nécessité de diminuer nos déficits, l’équation entre baisser les dépenses et augmenter les impôts n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît. Et la réduction de dépenses publiques et sociales ne peut pas se faire n’importe comment, ni à n’importe quel rythme.

D’abord parce que trop souvent les réductions de dépenses publiques ont eu un impact des plus négatif sur l’économie. Et que l’on sait aujourd’hui que 1 euro de baisse de dépense publique ampute le PIB de plus de 1,5 euro. Il faut donc que toute diminution de déficit d’un secteur s’accompagne d’une stratégie de conquête d’un autre secteur. C’est ainsi, par exemple, qu’une réelle et concrète réflexion sur la transition énergétique devrait rapidement être engagée, car dans ce secteur, avec la transformation de toute la filière électrique, c’est plusieurs centaines de milliers d’emploi qui pourraient être créés.

Ensuite parce que tout dépend du choix de société que nous voulons, de la place de l’Etat et du rôle plus ou moins grand que l’on souhaite lui donner. Et nous sommes attachés aux quatre grandes fonctions de l’Etat : un Etat régalien (police, armée, justice), unificateur (laïcité, éducation), redistributif (sécurité sociale, solidarité) et stratège (soutien de l’économie). Ce n’est qu’après avoir tranché ce débat que l’on pourra réellement choisir la bonne méthode pour revenir à l’équilibre budgétaire. En organisant, par exemple, un grenelle de la fiscalité, comme j’ai déjà eu l’occasion d’en parler ici.

Il n’est plus temps de promettre.
Il n’est surtout plus temps d’attendre.
Il est urgent d’agir.
Ne plus travestir la vérité. Ne plus s’enfermer dans l’immobilisme.

Richard POGLIANO – Président du Cercle de Nice

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