EN FINIR AVEC LES RENTES…

J’ai lu avec beaucoup d’intérêt l’ouvrage de l’économiste Jean-Marc Daniel « L’Etat de connivence », aux Editions Odile Jacob (198 pages, 22,90 euros). Dans cet ouvrage, l’auteur revisite la réalité du capitalisme d’aujourd’hui, à travers aussi bien les fonctions de l’Etat et des services publics, que celles des agents économiques privés. Et surtout, bien entendu, des relations qu’ils nouent entre eux.

Il va ainsi mettre en évidence les situations de rentes, et donc de rentiers, qu’un capitalisme perverti permet et qui, selon son analyse, mettent le système dans son ensemble en danger. Ces rentes qui sont des gains inespérés, bien supérieurs à ce qu’ils devraient être, ne correspondant donc qu’à des situations subjectives, et/ou privilégiées.

Et d’en déduire, c’est le sous-titre de son livre, qu’il faut donc « en finir avec les rentes », seul moyen de créer un nouveau capitalisme, plus pur et performant.

C’est la mise en place, et donc l’organisation, d’une concurrence pure et parfaite qui, pour Jean-Marc Daniel, est le seul outil qui puisse permettre à notre société de se rééquilibrer, de retrouver l’efficacité économique et la justice sociale.

Il s’agit d’un régime dans lequel la production de biens ou de services s’effectue en toute liberté, les offres et les demandes se confrontant librement sur le marché. Avec une indépendance absolue, une mobilité totale et une transparence complète, qui sont pour les économistes, les trois vertus de la concurrence pure et parfaite, atomicité, fluidité et publicité. Le rôle de l’Etat étant alors réduit à sa plus simple expression.

Au-delà de la démonstration économique de l’auteur, à laquelle on peut souscrire ou pas, l’auteur soulève d’importantes questions qui devraient, par les temps qui courent, être au cœur de tous nos débats, politiques ou pas.

Notamment celui du rôle de l’Etat auquel il donne la mission première de réduire la pauvreté, donnant raison à Kennedy qui disait : « les communistes luttent contre la richesse, moi je lutte contre la pauvreté ».

Bien sur, cela passe entre autre par un soutien à la croissance. Et c’est là qu’intervient la concurrence, véritable émulation, dit-il, d’une société qui n’en a plus. Véritable moyen pour en finir avec les rentes, car « quand on casse la rente, on augmente le pouvoir d’achat, donc la demande, la production et la croissance », fin de citation.

On retrouve chez Jean-Marc Daniel, comme chez Xavier Fontanet dont j’ai parlé la semaine dernière, la recherche d’une société et de citoyens plus responsables. Et si le second appelle à passer d’un système de droit à un système de devoir, le premier souhaite passer d’un capitalisme perverti à un capitalisme pur et concurrentiel.
Dans les deux cas, à lire, à méditer.

 

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