ECOLOGIE : UN GRENELLE DE L’ENVIRONNEMENT A L’ENVERS…

En matière d’écologie, par ses atermoiements, le gouvernement français actuel fait tout à l’envers…

Tenez, prenons l’exemple de l’écotaxe.
On suspend l’écotaxe. D’accord.
Mais fallait-il alors faire, pour défaire.
Coût de la suspension : 600 millions d’euros !
Mais ce n’est pas tout.
On suspend l’écotaxe, mais on ne la supprime pas.
Alors ?

Pourtant tout avait bien commencé…

Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie de 2007 à 2010, met en place le Grenelle de l’Environnement. Plus de 200 engagements, dont l’écotaxe est le 45ème. Le texte est approuvé quasiment à l’unanimité à l’Assemblée Nationale (quatre opposants), à l’unanimité au Sénat (aucun opposant). La loi est promulguée le 3 août 2009. Par appel à candidatures, l’Etat retient une société de gestion pour mettre en place l’écotaxe. Une taxe à payer par tous les poids lourds de plus de 3,5 tonnes, sur 15 000 kilomètres de routes nationales ou départementales, hors-autoroutes. Cela doit rapporter à l’Etat 1 milliard par an, ce qui permettra de financer d’autres projets de transports écologiques. Son application est prévue en 2011, retardée pour cause de problèmes juridiques en 2013.

Et puis…

Changement de Président de la République, changement de Gouvernement, changements de ministres de l’Ecologie, Delphine Batho qui n’en peut mais, Philippe Martin qui apparaît et disparaît, Ségolène Royal qui va tout sauver…
Entre temps, la jacquerie bretonne s’est installée. Il faut dire que la Bretagne paye le prix fort de l’absence de politique économique du Gouvernement socialiste. D’autant que leur région est de plus en plus sinistrée, plans de licenciement et faillites d’entreprises se multiplient. Et la fronde s’amplifie. Il faut calmer les bretons. L’Etat va verser 2 milliards à la région.

L’addition commence à être lourde, nous sommes en 2013, et toujours pas d’écotaxe, donc pas de recettes pour l’Etat. L’écotaxe est suspendue, le sujet confié à deux commissions parlementaires, une à l’Assemblée Nationale, l’autre au Sénat. Mai 2014, la nouvelle ministre de l’Ecologie arrive. Va-t-elle enterrée le projet ? Impossible par les temps qui courent et cela coûterait 1 milliard d’indemnités. Donc, il faut relancer l’écotaxe, mais accommodée.

Aucune nouvelle concertation. Nouvelle ministre, nouveau projet. Point. Plus d’écotaxe, mais un péage de transit poids lourds. Plus sur 15 000 kilomètres, mais seulement sur 4 000. Des recettes moindres pour l’Etat, 500 millions au lieu de 1 milliard d’euros. Et une renégociation avec la société de gestion, enfin si c’est possible. Le tout pour une mise en application au 1er janvier 2015.

Je récapitule les comptes ?
Deux ans de tergiversations, un coût de pratiquement 2 milliards d’euros, un manque à gagner également de 2 milliards d’euros, et 500 millions d’euros de recettes annuelles en moins à partir de 2015…
Tout ça pour ça !
Un Grenelle de l’Environnement à l’envers !!


Richard POGLIANO – Président du Cercle de Nice

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