DROIT D’INVENTAIRE (4)

En matière de culture, le maillage de la ville est d’importance et varié. De très nombreuses structures associatives et donc un important tissu associatif et un patrimoine culturel très riche.
Nous pourrions avoir le label « villes et pays d’art et d’histoire », tant la ville s’est enrichie, depuis la création de son premier musée, en 1846, le muséum d’histoire naturelle de Nice, jusqu’au musée d’art moderne et d’art contemporain, le MAMAC, en 1990, de nombreux musées et galeries d’art. Le théâtre national de Nice, TNN, inauguré en 1989 et le conservatoire de musique, qui, sous la direction de Pierre Cochereau, devient national en 1962.

Et puis, tous ces équipements socio-culturels, CEDAC, CAL, centres culturels, bibliothèques, théâtres, cinémathèque, lieux de réunions, etc.
Mais comme pour le sport, je parlerai de culturisation de la ville.
Et les questions posées sont multiples. Sans réponse, au-delà de l’acquis institutionnel, qui existe déjà et qui, en matière culturelle, est d’importance. Quelle est la place de la culture dans l’élaboration d’un projet de ville ? Comment l’art, la culture et l’architecture participent-ils à la construction de la ville et plus largement à la réflexion sur son
devenir ? Comment faire des équipements culturels des lieux de vie et des lieux au cœur de la ville ? Dans quelles mesures peuvent-ils (re)créer du vivre ensemble et du lien social ? Et quelle est la place de l’artiste dans le projet urbain ? Quelles sont les modalités de la participation citoyenne ?
Car se pose, entre autre, la problématique de la culture dans les quartiers. Non pas la culture pour chacun, qui s’opposerait à une culture pour tous. Mais celle qui est faite de projets simples, où le processus participatif et de réseaux permet une redécouverte aussi bien des espaces urbains que des relations avec les autres. De supprimer l’effet temple de la culture.
Et pour cela aussi, il faut un véritable projet de fond.

Dans le domaine du social et de la santé, les inégalités, la précarité, le vieillissement de nos populations, l’exclusion des uns, les difficultés des autres, tout cela nous interpelle.

Les enjeux sont forts et Nice fait beaucoup. Parce que les villes sont les lieux de vie de 80% de la population. Et que c’est à l’échelon local que peuvent se mettre en place les synergies entre acteurs de la santé. Autour, par exemple, d’un contrat local de santé, pour faire mieux et plus juste, au plus près.
Je ne ferai pas le recensement de ce qui existe ou pas, de ce qui se fait ou pas. Il nous faudra y revenir. Mais il existe un axe sur lequel l’effort doit porter, c’est celui du handicap.

Depuis la loi de février 2005, la personne handicapée n’est plus confinée dans l’espace privé, familial, mais pleinement intégrée dans la sphère publique.
C’est cette nouvelle donne qu’il nous faut prendre en compte à Nice. En allant plus loin, avec une approche plus ouverte, plus transversale, Et envisager d’autres formes de réponses et donc de solutions . Aussi bien pour les handicapés eux-mêmes, et d’abord pour eux, que pour leurs familles. Aussi bien dans le domaine financier que dans le domaine de la formation, de l’emploi, du social, etc. Il ne convient plus de se retourner vers l’Etat providence, mais œuvrer nous-mêmes, face aux réticences alimentées par une méconnaissance du monde du handicap et à de nombreuses fausses idées. Œuvrer nous-mêmes pour refonder une politique d’intégration sur une approche globale du handicap.
Voilà le défi que notre ville doit relever.


Il est des approches qui ne se lisent pas comme un inventaire, mais qui sont en filigrane. Celles qui concernent les jeunes, en tant que tel, ou les séniors. Pour souligner, que nous devons nous poser la question de ce que nous voulons spécifiquement, pour certaine catégorie d’habitants de notre ville. Du fait de leur importance dans le devenir de la cité. Ou pour d’autres raisons, de justice, d’égalité, de bien-être.
L’inventaire, ici, c’est d’ouvrir la discussion et s’engager dans l’élaboration de politiques partagées.


Emploi, logement, équipements, sport, culture, santé, autant de sujets, avec ceux évoqués avant et ceux qui le seront après, autant de choix politiques qui sont les éléments essentiels du paradigme qu’il nous faut bâtir pour Nice. En relevant tous les défis qu’il entraîne. Sans ne rien exclure.
En partant de ce qui est pour moi la matrice de la ville, le quartier. De ce qui est la démarche fondatrice, travailler pour la collectivité avec la collectivité.
Et cela consiste, d’abord, à associer les citoyens à la chose publique, dans un véritable souci de co-construction.
Car au fond, aujourd’hui, tout le sens d’une action municipale, comme par ailleurs d’une action nationale, réside dans sa construction collective permanente.
Le citoyen ne doit plus être exclu de la « chose publique ».

C’est pour construire la ville de demain, qu’il nous faut associer le plus grand nombre à la réflexion et à la recherche de propositions.

Parce que Nice doit se doter du TRIPLE A.
A comme Ambition. Celle que chaque niçoise et chaque niçois vivent mieux dans sa ville, non parce qu’on lui dit qu’il vit mieux, mais parce qu’il s’en aperçoit, lui, au quotidien, chaque jour, parce qu’il vit mieux dans son quartier, dans sa famille, dans ses relations avec les autres.
A comme Aménagement. Œuvrer pour sa ville, ce n’est pas seulement des inaugurations, des rubans, des photos, c’est, quartier par quartier, rue par rue, restructurer, embellir, redynamiser, et ce faisant, favoriser les activités professionnelles, commerciales, recréer du lien.
A comme Avenir. Assurer le devenir de notre cité, c’est prévoir. Prévoir, pas seulement pour aujourd’hui ou pour demain, mais pour après-demain, et le jour d’après, pour les vingt ans qui viennent. Prévoir pour nous, et notre cadre de vie, pour nos enfants, en terme de formation et d’emploi, pour nos aînés, afin d’assurer à tous une belle fin de vie, pour tous ceux que la vie a défavorisés.

Il nous faut construire une ville solidaire et intelligente. Avec des politiques fondées sur l’écoute et l’échange, la transversalité et la participation. Et donc avec des citoyens qui soient aussi des acteurs.


Plus que jamais, pour renouer les fils, la politique doit être une histoire que l’on écrit ensemble.

(1) Baromètre sur la confiance politique, Vague 4, réalisé par Opionway du 5 au 20 décembre 2012 sur un échantillon de 1509 personnes de 18ans et plus interrogées en ligne. / Sondage France 2013: les nouvelles fractures, réalisé par Ipsos du 9 au 15 janvier 2013 sur un échantillon de 1019 personnes de 18 ans et plus interrogées en ligne

(2)L’étude de l’institut CSA a été réalisée auprès de 1 010 personnes de 18 ans et plus, habitant dans des communes de 50 000 habitants et plus, et qui ont été interrogées par téléphone du 11 au 16 juin 2012.

 

(Extrait du livre « A PROPOS DE NICE » de Richard POGLIANO
– Editions Campanile – Pages 86 à 90)

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