DROIT D’INVENTAIRE (3)

Que le lecteur se rassure. Je ne vais pas me livrer à un inventaire de toutes les composantes de notre ville. Ce serait long et fastidieux. Encore que riche d’enseignement. Mais ce n’est pas mon objectif, pour l’heure. Je me contenterai de regarder, décrire rapidement, en allégeant et, le cas échant, poser les questions.
Le chapitre suivant, « Gros Plans », sera, lui, consacré à quelques problématiques, notamment la sécurité et les finances, qui me paraissent essentielles pour Nice et que je me fais un devoir d’aborder, plus fortement que d’autres. Parce que plus structurantes, ou dé-structurantes, devrais-je dire, que d’autres.

Le point noir de Nice, c’est la circulation. Sur tout le territoire de la ville, d’où qu’on vienne, où qu’on aille. C’est le sort de toutes les grandes villes ? A voir…

Partout, les mêmes difficultés. Malgré une nette amélioration depuis la venue du tramway. Bon Voyage et Pasteur, avec un trafic de plus de 45 000 véhicules par jour sur la pénétrante et d’énormes difficultés sur le carrefour qui mène aux échangeurs autoroutiers (30 000 véhicules/jour), ainsi que sur la route de Turin (20 000 véhicules/jour).). Les arrivées et départs du Port, avec des voiries très largement sous-dimensionnées. Les nœuds gordiens que sont nos carrefours urbains, tout particulièrement Magnan, la place du commandant Gérôme.
Une forte circulation à l’ouest, qu’il convient de mieux fluidifier, même si beaucoup a déjà été fait, notamment dans la régulation, avec le nouveau Pont sur le Var. Sans parler du secteur collinaire, où l’organisation du réseau est totalement à réétudier, tant du point de vue des voies que des dessertes, insuffisantes et irrégulières. Ni du centre ville fort bien desservi par le tramway et les bus, mais où les problèmes de circulation restent très lourds.
Et partout les mêmes nuisances, stationnement anarchique, vitesse excessive sur les grands axes, nuisances sonores. Et puis, voies en mauvais état, insécurité routière, manque de stationnements et, sur les collines, de cheminements piétonniers.
Quand on sait que notre trafic routier augmente de 5% chaque année, notre réseau risque d’être totalement saturé d’ici peu.

L’habitat. Ce secteur a fait l’objet des changements les plus spectaculaires. Mais le développement s’est souvent déroulé de manière anarchique, sans une réelle prise en compte des besoins liés aussi bien à l’environnement qu’à l’économique.

C’est particulièrement vrai dans des secteurs fortement urbanisés, comme l’ouest de la ville qui accueille la plus grande diversité des habitats, notamment social, dans sa partie sud, où la densité est souvent excessive et les cohabitations parfois difficiles. A l’est, l’Ariane, Pasteur, Bon Voyage, trois autres secteurs également fortement urbanisés avec une prépondérance d’habitat social, qui rencontrent les mêmes problèmes.
La densité est beaucoup plus faible dans les collines, là où se trouve un habitat pavillonnaire et résidentiel. Mais son évolution a été telle que tous les problèmes s’y cumulent, assainissement, voierie, stationnement, avec une disparition quasi-totale des espaces agricoles.
Le reste de la ville est d’une grande diversité, à la densité très élevée. Avec, bien entendu, des différences, et de forts contrastes, selon les quartiers. Immeubles collectifs de manière générale, avec quelques villas sur les Baumettes et le Parc Impérial, habitat ancien au coût élevé, avec paupérisation de certains quartiers pour le centre ville, habitat ancien et neuf de type bourgeois pour le littoral, essentiellement résidentiel avec petits immeubles bourgeois et villas sur Cimiez et Rimiez.

 

Espaces verts, équipements publics, entretien et travaux, notre ville doit faire face à des demandes inépuisables, à un enchevêtrement d’attentes dont il ressort l’impérative nécessité d’œuvrer pour un développement durable.

Nice bénéficie d’un patrimoine naturel remarquable, collines, parcs paysagers, celui des Arènes, le canal de Gairaut, les 15 hectares du poumon vert des collines Saint Philippe. D’un important maillage de ses équipements, tant publics que privés, sur tout le territoire de la commune, mairies annexes, crèches municipales, écoles maternelles et primaires, collèges et lycées, université et grandes écoles, équipements sociaux, cliniques, hôpitaux…
Avec un entretien et des travaux , grands ou petits, qui se multiplient. De la réfection des chaussées, l’élargissement des voies et leur sécurisation, des problèmes d’éboulement sur les collines, au grand stade et au nouvel hôpital Pasteur, en passant par le réaménagement du XV° Corps…
Pour les uns comme pour les autres, n’en dressons pas une liste à la Prévert. Car ce qui compte c’est la vision globale que l’on a des choses. Pour le quotidien, nul besoin de boussole. Les équipes sont là, les métiers sont compétents. Tout devrait aller. Mais le bas blesse quand il s’agit de moyen et surtout de long terme. Mais nous y reviendrons.

 

C’est aussi le cas en matière de sport.
Malgré de nombreux équipements sportifs, il règne une grande disparité entre les quartiers. Naturellement les périphéries sont mieux équipées. L’ouest et l’est de la ville sont mieux dotés en
équipements sportifs et aires de jeux, mais qui profitent à l’ensemble de la Ville.
Une ville riche de nombreux clubs, de l’Olympique Gymnaste Club, dont on construit le nouveau stade dans la plaine du Var, au Cavigal Nice Sports, mythique club omnisport avec une section basket féminine qui promet de rejoindre l’élite première dès cette année, en passant par l’Olympique Nice Natation, et ses résultats qui font la fierté des niçois et de la France entière, l’association Nice Baie des Anges, qui a magnifiquement relancé le patinage à Nice, ainsi que tous les autres, petits et grands, qui irriguent notre jeunesse niçoise.
Si globalement, la ville de Nice est une ville sportive, on doit souligner, toutefois, les difficultés d’entretien de ses installations sportives et l’insuffisance de salles spécialisées par discipline.
Et sans entrer ni dans un descriptif de ce qu’est le sport à Nice, ni dans l’analyse des résultats sportifs, parfois glorieux, de nos équipes et clubs, ce qui n’est pas le but ici, il apparait de plus en plus une antinomie entre sport et ville. Car à Nice, comme en France, se développe un phénomène de sportivisation de la société.
Le sport sort des lieux dans lesquels il était affecté, les stades, les gymnases. Et non seulement la ville organise de grands évènements sportifs, comme l’europétanque ou la Prom’Classic pour ne prendre que deux exemples, mais elle est devenue le lieu de la pratique sportive d’un nombre de plus en plus important de niçoises et de niçois.
Certes les clubs sportifs ont toujours un rôle essentiel. Et ils ont toujours des besoins d’autant plus pressants que la crise les met en difficulté. Il faut donc une vrai politique sportive globale. Et donc, d’abord, avoir une analyse fine de leurs besoins. Mais au-delà, le sport dans la ville dépasse largement les clubs, car c’est une partie considérable de la population niçoise dans son ensemble qui est concernée et, de ce fait, la relation entre le sport et la ville doit être adaptée aux nouvelles attentes citoyennes.
Pour y répondre, il faut une volonté de remise en cause et un véritable projet.

 

(Extrait du livre « A PROPOS DE NICE » de Richard POGLIANO
– Editions Campanile – Pages 81 à 86)

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