DROIT D’INVENTAIRE (2)

Même si nous ne souhaitons, ni changer de système, ni changer de modèle, ce que nous rejetons massivement c’est aussi bien la manière dont on fait de la politique, que les solutions qui sont apportées.

Bref, comme tous les Français, le Niçois est inquiet.
Chacun le sent bien. Nice ne va pas bien.

Et le niçois s’interroge.

Peut-on se satisfaire d’une ville où, les citoyens ne sont plus des acteurs, mais de simples spectateurs ? D’une ville où le taux de chômage est supérieur à la moyenne nationale ? Peut-on se satisfaire d’une ville où se loger relève du parcours du combattant, avec un déficit d’au moins 15 à 20 000 logements? D’une ville où plus de 2 500 petits niçois sont encore privés d’une place en crèche ? Peut-on se satisfaire d’une ville où, sous le vernis, la précarité ne cesse de progresser, avec son corollaire la pauvreté qui touche 1 azuréen sur 8 ? D’une ville où nous avons un taux d’insécurité parmi les plus élevés de France? Peut-on se satisfaire d’une ville où les administrés niçois ne constatent aucune évolution pour eux, et au-delà, aucune réalité concrète pour leur avenir et celui de leur ville? Et les interrogations se multiplient à l’envi…

Alors qu’en est-il ?

Certes, comme dans toutes les grandes villes, de nombreuses questions se posent. Beaucoup concernent la sphère privé, d’autres la collectivité. Pour ces dernières, certaines sont du ressort de l’Etat, d’autres de la Région, du Département, d’autres enfin relèvent de la Muncipalité. Mais tous les acteurs publics sont aujourd’hui concernés. Car les attentes sont importantes. Et surtout, elles grandissent. Et pour y répondre, il faut d’abord prendre la mesure de notre « corps malade », sans exagération, ni tromperie.
Faire un rapide inventaire.

 

En matière d’emploi et d’économie, nous l’avons vu, sur une population active que l’on peut évaluer à 150 000 personnes, plus de 20 000 personnes sont sans emploi. Or c’est la préoccupation majeure des niçois. C’est dire que cela doit requérir toute notre attention.
Globalement, notre ville a été fort peu touchée par la révolution industrielle, et son économie dépend, essentiellement, du tourisme, du commerce et du bâtiment. C’est la raison pour laquelle le secteur tertiaire représente 87% du nombre total des emplois.

L’
ouest de la ville est marqué par une activité économique relativement dynamique, du fait d’un grand nombre d’infrastructures, comme l’aéroport Nice Côte d’Azur, la zone d’activités de l’Arénas, celle de Nice La Plaine 1, le Marché d’Intérêt National, sans oublier le pôle commercial de Lingostière. Du fait, aussi, des facilités d’accessibilité routières et de stationnement. Pourtant dans ce secteur, le taux de chômage est supérieur à la moyenne communale.
D’autres secteurs offrent une réelle activité économique. C’est le cas de Saint Roch avec une forte concentration de la filière automobile ainsi que plusieurs grandes surfaces et le développement du pôle universitaire Saint-Jean d’Angely. C’est le cas aussi de l’Ariane, classée en Zone Franche en 1977, avec une importante présence du secteur de la construction et une activité commerciale réelle.
Enfin, le centre ville, où l’on trouve une forte concentration des activités commerciales, notamment avec les grandes enseignes, et surtout 60% de la capacité hôtelière de Nice.
Pour le reste, notre ville présente de très fortes disparités. Des activités réduites, le plus souvent à des commerces de proximité, comme sur Caucade, la Madeleine, Gambetta, Libération, Pasteur, Bon Voyage, même si quelques pôles de grandes distribution y sont attractifs.
Certains secteurs qui ont connu des disparitions industrielles et commerciales, comme le Port, avec la Manufacture des Tabac et les activités maritimes. D’autres qui n’ont pratiquement aucune activité, comme l’Abadie et la Lauvette, ou les secteurs collinaires, essentiellement résidentiels, alors que les commerces se situent dans les parties sud.

Or, globalement, d’après une récente étude de l’institut CSA (2), 90% des citadins aiment vivre en ville, notamment grâce à la facilité d’accès aux commerces. Le commerce de proximité est, pour eux, l’élément clef du développement de leur ville. Ainsi qu’un élément fédérateur du lien social. Et pour deux consommateurs sur trois, les achats par internet sont complémentaires de ceux réalisés en magasin. Enfin, 48% des citadins se rendent dans les commerces de leur quartier par plaisir, et 42% par contrainte.
C’est dire si la notion de proximité est fortement liée aux commerces de quartier, dans les quartiers.

 

(Extrait du livre « A PROPOS DE NICE » de Richard POGLIANO
– Editions Campanile – Pages 78 à 81)

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