DES EXEMPLES VENUS D’AILLEURS…

Xavier Fontanet, ancien PDG d’Essilor, vient de publier « Pourquoi pas nous ? » aux Editions Fayard (120 pages, 14.90 euros). Dans cet ouvrage, il expose comment les pays confrontés au même problème de dette que la France, passée de 20% du PIB en 1980 à près de 100% aujourd’hui, s’en sont sortis. Quelles recettes ont-ils utilisé pour résorber leur colossal endettement, combien de temps cela a-t-il pris et à quels coûts.

A un moment où le moral des français, tout comme celui de nos entrepreneurs, est en berne, où la détérioration de la confiance s’accentue et se généralise à l’ensemble des secteurs de notre économie, où les espoirs d’une reprise de la croissance s’éloignent de plus en plus, au moment enfin où s’ouvre en France la période des choix budgétaires pour la Nation, il est intéressant, à la lecture de cet ouvrage, de s’imprégner de ce que d’autres ont réalisé, comme le Canada, l’Allemagne ou la Nouvelle-Zélande.

Sachant, comme le précise l’auteur, qu’il n’y a pas de solutions de droite ou de gauche. Il y a celles qui marchent et celles qui ne marchent pas. Que chaque population, de chaque pays, est prête aux efforts nécessaires, pourvu qu’on leur dise la vérité et que les efforts soient véritablement et équitablement partagés. Qu’il y ait le souci de protéger les plus faibles sans pour autant spolier les plus riches. Qu’il y ait la volonté de ne pas pénaliser les entrepreneurs tout en demandant aux entreprises de devenir de plus en plus citoyennes. Qu’il y ait la mise en place par l’Etat des conditions d’attractivité aussi bien pour le travail que pour le capital. Et que l’activité publique supporte des efforts tout aussi importants que ceux qu’elle demande à l’activité privée.

Voilà les leçons générales que l’on peut retenir des différentes expériences décrites. Plus précisément, quels choix ont été opérés dans nos trois exemples. En ayant présent à l’esprit que les pratiques tout comme les traditions institutionnelles sont différentes dans chaque pays.

Au Canada, le choix central fut celui d’une très forte réduction des dépenses et d’une très faible hausse de l’imposition, alors qu’en France on a fait exactement le contraire. Ainsi au Canada la diminution de coût fut de quelques 80 milliards, sur un budget régalien de 400 milliards, car la baisse des coûts n’a concerné que l’Etat, pas le système social et de santé. Alors que le projet français prévoit une économie de 50 milliards sur un ensemble de dépenses de 1 150 milliards d’euros, régaliennes, sociales et territoriales.

En Allemagne, le choix des gouvernements s’est porté sur la restauration de la confiance en portant tout l’effort sur la politique de l’emploi. C’est ainsi que les allemands ont d’abord fluidifié le marché du travail, en créant des contrats à durée déterminé de dix-huit mois et des `minijobs´ publics ou privés (400 euros pour 15 heures par semaine, pas de charge pour l’employé, 20 à 30% pour l’employeur). Dans le même temps, outre la création d’un statut généralisé d’auto entrepreneur, les services du ministère de l’Emploi, ainsi que les allocations de chômage, sont réorganisés.

Enfin, le choix de la Nouvelle-Zélande s’est porté sur la privatisation du système de santé. Selon le principe que chaque citoyen doit être responsable de son assurance-santé. D’une part le gouvernement a remplacé la sécurité sociale de l’Etat par des compagnies privées d’assurance concurrentes et d’autre part il a très fortement baissé les impôts. Ainsi chacun devient libre de ses choix de santé. Sachant que les plus pauvres peuvent avoir droit à des aides personnalisées et que les opérations les plus graves restent du ressort de l’Etat.

Sur chacun de ces trois exemples il y aurait encore beaucoup à dire. Mais l’idée, comme l’indique l’auteur, est de passer d’un système de droit à un système de devoir.
A lire. A méditer.

 

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