DE QUELQUES VERITES SUR LE DEFICIT ET LA DETTE

La dette publique de la France vient d’atteindre les 2 000 milliards d’euros ! Elle atteignait déjà fin 2012 un niveau record à 1 833,8 milliards d’euros soit 90,2% du PIB, plus que les 89,9% prévus alors par le gouvernement.

Elle s’élevait à 85,8% en 2011, 82,3% en 2010, 79,0% en 2009, 64,8% en 2008 et 64,2% en 2007.


Ce chiffre de la dette, qui sera à rembourser par l’État, est à comparer aux recettes annuelles de celui-ci :
 284,4 milliards d’euros en 2012. Or, par rapport à ses dépenses annuelles, le solde public notifié pour 2012 s’établit à -98,2 milliards d’euros, soit -4,8 % du PIB, contre -5,3 % du PIB en 2011. En part de PIB, les recettes progressent de 50,6 % à 51,7 % du PIB, plus vite que les dépenses, qui passent de 55,9 % à 56,6 % du PIB. Le taux de prélèvements obligatoires augmente de 1,2 point en 2012 à 44,9 % du PIB, sous l’effet de la hausse des impôts (+5,3 %).

La dette publique, c’est l’ensemble des engagements financiers, sous forme d’emprunts, pris par l’Etat, les collectivités territoriales et les organismes publics français, entreprises publiques, organismes de sécurité sociales, etc.
Le déficit annuel concerne les budgets de l’
État et de l’ensemble des Administrations publiques françaises.
Le lien entre déficit public et dette publique est déterminant. Un déficit public élevé se traduit par une augmentation de la dette, qui sera financée par des recettes futures, impôts ou autres

Rappelons que l’appartenance de la France à l’Union Européenne, entraîne le respect de critères définis par le traité de Maastricht, dont un déficit public annuel qui ne devrait pas excéder 3 % du PIB et une dette publique qui devrait rester inférieure à 60 % du PIB.
Depuis 2007, la France ne respecte plus aucun de ces critères.

Et la question de la gestion et de l’avenir de la dette publique occupe aujourd’hui le débat public. La croissance de l’endettement des principaux pays développés, à partir des années 1980, et la persistance de déficits publics élevés, a conduit certains économistes à définir et évaluer la soutenabilité à long terme de la dette publique d’un pays.

Il est important, toutefois, de rappeler un certains nombre de vérités.

Notamment que la montée de la dette publique n’est pas seulement le fait d’une tendance à la hausse des dépenses publiques. Mais qu’elle est le fait de l’effritement des recettes publiques, dû à l’insuffisance, voire l’absence de croissance économique. Et que donc, couper systématiquement dans ces dépenses ne constitue une solution que si cela est fait avec discernement, dans le cadre d’un projet d’avenir global pour notre société.

Bien entendu, face à toute situation d’endettement, des plans d’économie s’imposent. Et ils devront être d’autant plus conséquents que l’endettement sera important. Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut renoncer à tout investissement.

Parce que, comme j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire, ce n’est pas seulement l’excès de dépenses qui entraîne la hausse de la dette publique. Cette dernière provient souvent de l’insuffisance de recettes. Encore ne faut-il pas rester sur une vision figée de la notion de recettes, et envisager d’en trouver sous de nouvelles formes. Avec un projet de développement qui s’accommode de nouvelles étapes de croissance.

Parce que ce n’est pas seulement la réduction des dépenses qui permet de réduire la dette publique. Outre le rôle du taux d’intérêt dans l’alourdissement de la dette, cette dernière peut s’accroître du fait que la réduction des dépenses publiques ralentit l’activité économique. Et donc que le retour sur investissement public ne vient pas l’alléger.

Est-ce à dire qu’il faille se satisfaire de tout endettement ?
Bien sûr que non, il n’y a jamais de bon endettement. Mais, il n’y a pas toujours de mauvaise dépense.

Là aussi, il faut se remettre en cause.
Ne plus raisonner en se disant que ce sont les crédits qui permettent les projets, mais qu’au contraire, ce sont les projets qui attirent les capitaux.

Richard POGLIANO

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