DE LA REPUBLIQUE ET DU CITOYEN (1)

Qu’est-ce que c’est pour nous la République ?
Aujourd’hui, pour chacun, notre République est une habitude, un simple environnement juridique et un mécanisme comptable de redistribution.
Alors qu’au contraire elle est, elle doit être le sujet politique central, celui qui fonde notre pacte du « vivre ensemble ».
Alors, qu’est-ce pour nous la République ?
Tous, ensemble, nous faisons partie de cette belle et grande nation, la France. Même si nos sensibilités diffèrent, même si nos identités ne sont pas les mêmes. Et la République, c’est tout simplement notre maison commune.
Jean-Paul Sartre disait: « La plus grande capacité de l’homme, c’est de pouvoir s’inventer son destin ». Et André Malraux lui répondait: « L’homme est ce qu’il fait ». Eh bien, c’est cela la République ! Une action. Un chemin. Un lieu. Tout cela à la fois.
Une action qui n’enferme pas l’homme, ni dans sa naissance, ni dans ses origines, sa religion, sa culture ou sa couleur de peau, et qui lui permet de se construire sa propre identité tout au long de sa vie. Qui donne le sentiment à chacun de participer à une même aventure collective.
Un chemin, parce que ce qui compte c’est que le petit Jean, le petit Mohammed et la petite Sarah sachent, en sortant de l’école primaire, lire, écrire et compter. Et que la République offre à chacun, selon son mérite et ses capacités, sa place, sa part et sa dignité dans la société. Sans se poser la question de l’identité.
Un lieu donc, où nous pouvons tous, librement, échanger, débattre et construire. Un lieu qui ne gomme pas les différences que nous pouvons avoir, qui ne détruit pas ce que nous sommes. Car jamais, non, jamais la Société française, ni l’Etat français n’assigne l’individu à résidence identitaire !
Voilà ce qu’est la République.
Voilà la République que nous devons placer au-dessus de tout.

Mais lorsque se pose avec autant d’acuité la question des identités et des communautarismes, c’est que la République n’y est plus. Qu’elle ne va plus de soi. Qu’elle ne propose plus à chacun les repères et que ses valeurs se dissolvent. Que l’on glisse sans se rendre compte vers le morcellement social et la division, en prenant le risque de passer de l’indifférence à la haine.

Face à cela, notre responsabilité collective consiste à remettre la République à l’ordre du jour. A faire revivre la République, notre République française. Lui redonner sa place, toute sa place. Et répondre à la question républicaine par excellence : qu’allons-nous faire ensemble ? Que voulons-nous faire ensemble ?

(à suivre)

Richard POGLIANO – Président du Cercle de Nice

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