DE LA REPUBLIQUE ET DES VALEURS REPUBLICAINES (3)

Face à des échéances électorales où le développement de l’abstentionnisme et du populisme devient la règle,
Face à une majorité socialiste non seulement incapable de mettre en place une politique de sortie de crise, mais dont l’exercice du pouvoir décrédibilise chaque jour un peu plus la politique même,
Il nous faut remettre la République et ses valeurs au centre de toute chose.

Car si la République en tant que régime politique ne semble pas en danger, les valeurs de la République, elles, sont fortement remises en cause.
Voilà pourquoi il nous faut réaffirmer les grands principes républicains de liberté, égalité, fraternité, laïcité.
Voilà pourquoi il nous faut tout faire pour préserver ces valeurs, et les faire vivre.

Et d’abord la liberté, la liberté de s’exprimer, de créer, d’échanger et
d’entreprendre. La liberté aussi de s’affranchir de son milieu d’origine pour se forger un destin.

La liberté, c’est la vie républicaine, la dignité des uns et des autres, l’ouverture c’est-à-dire la confiance dans l’Etat, dans la société française, dans la France et son avenir, mais c’est aussi la sécurité pour tous.
On ne peut s’en affranchir, ni l’empiéter par la multiplication de normes et règlementations abusives et absurdes et, ainsi, la laisser progressivement disparaître.
Tout comme on ne peut laisser s’installer des zones de non-droit dans lesquelles seule est respectée la loi du plus fort.

L’égalité ensuite, qui n’est pas, ne doit pas être l’égalitarisme ni, a fortiori, une quelconque théorie du genre. Parce qu’il ne faut pas faire croire à un égalitarisme qui ne servirait qu’à camoufler des privilèges, voire aggraver les inégalités, au motif d’un pseudo-réalisme social-démocrate, comme c’est le cas aujourd’hui.

Au contraire, il faut revenir à la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789, à l’égalité devant la loi, à l’égalité des chances qui permet à chacun de se réaliser. Car le génie de la Révolution Française qui a fait la République Française, c’est de ne plus enfermer l’homme, ni dans sa naissance, ni dans son identité. C’est permettre à chacun de nos enfants, en sortant de l’école primaire, de savoir lire, écrire et compter. Et ce faisant, permettre à chacun de se construire sa propre identité et son propre avenir.
La fraternité qui doit unir les membres de la communauté française dans une même aventure collective. Qui est aussi une solidarité de tous, pour tous, incarnée par notre modèle social républicain, à développer et non à amputer. Qui doit se retrouver dans l’action publique, celle conduite par l’Etat et les Collectivités Territoriales, mais aussi celle de tous les acteurs socio-économiques de la Nation, quel que soit le domaine : formation professionnelle, éducation, politique de l’habitat, politique industrielle, gestion des infrastructures, transports, dépendance, handicaps, etc.

Et pour que cette fraternité s’exerce pleinement, il faut réconcilier les membres de notre communauté pour qu’ils fassent des programmes d’intérêt républicain. Avec cette double révolution. Oui à l’économie de marché, mais non à cette idéologie dominante du tout financier et de la dérégulation. Oui à une modification complète de notre méthode de gouvernance, et non à l’utilisation intensive du leurre et de la communication courtermistes.

Enfin, la laïcité, cette loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, qui est au centre de notre pacte Républicain. Cette loi qui est la plus belle et la plus grande des exceptions françaises, que tous les Etats devraient appliquer. Parce que c’est une loi qui réconcilie « ceux qui croient au Ciel et ceux qui n’y croient pas », comme l’écrivait le poète Aragon. Parce que c’est une loi qui garantit la liberté d’exercice de toutes les religions et permet l’expression de toute confession, au cœur de la foi.

Il nous faut préserver notre laïcité, l’enrichir peut-être, la défendre surtout. Car cette loi qui ne juge pas, ne condamne pas, ne rejette pas, cette loi qui est l’âme de notre République, est, elle aussi, menacée. Menacée par tous les communautarismes et tous les intégrismes, avec lesquels aucun accommodement n’est ni raisonnable, ni possible.

Voilà quelles sont les valeurs fondamentales de notre République.
Voilà cette République qui doit devenir le projet de la France.
Voilà tous les républicains, tous les progressistes, tous ceux qui croient que nous sommes capables de changer les choses parce que nous sommes capables de faire de la République une idée neuve.
Un projet pour le XXI° siècle.

Richard POGLIANO – Président du Cercle de Nice

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