DE LA REPUBLIQUE ET DES SOLIDARITES REPUBLICAINES (*)

Il n’y a pas de justice sociale, sans une République sociale, ou si vous préférez, sans solidarités républicaines.
La protection sociale est, avec l’école et les services publics, un des éléments incontournable de la République Française.
Le modèle social français est, avec l’emploi et le pouvoir d’achat, la première préoccupation des citoyens et des assurés sociaux.

Protection sociale, modèle social français, sont le ciment de notre pacte républicain, de notre République.

Mais notre ‘‘Etat-providence’’, défini par le Conseil National de la Résistance au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, survivra-t-il au XXI° siècle ?
Que va devenir cet
« ordre social plus juste », ce « plan complet de la Sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’Etat » ?

Notre modèle social français consiste à couvrir les risques sociaux, vieillesse, maladie et invalidité, famille, chômage, logement et exclusion, par une assurance obligatoire généralisée liée aux salaires.

Elaboré au cours des « trente glorieuses », le système repose sur trois types de transferts :
– des assurances sociales collectives financées par des cotisations sur le travail (vieillesse, maladie, chômage) et gérées par les représentants des salariés et des employeurs ;
– des prestations d’assistance qui tiennent compte des ressources (couverture maladie universelle, revenu de solidarité active) financées par l’impôt et par des taxes et gérées par l’Etat et les collectivités territoriales ;
– et enfin des
 services publics gratuits et universels (éducation et santé) financés et organisés par l’Etat.

C’est cet ensemble de transferts, que j’appelle les solidarités républicaines, qui nous renvoient non seulement à la protection sociale, mais à une véritable République sociale, que plus de 70 % de français plébiscitent.

Rongé par le vieillissement démographique et le chômage de masse, il est fragilisé, menacé dans son existence même. Car son financement, très dépendant du travail, fond comme neige au soleil avec le maintien d’un chômage élevé.

Il faut en débattre. Il faut faire des choix.
Et d’abord celui de pérenniser notre modèle.
Comment ?
Par le retour de la croissance et de l’emploi pour renflouer les caisses…
Mais la croissance, hélas, n’est pas à l’ordre du jour.
Alors ?
Par la réduction des dépenses…
Et des marges de manœuvres existent encore.
Avec un meilleur ciblage, pour réduire les dépenses sans augmenter les inégalités !

Et puis, il faut prendre en compte l’avenir, celui de la société française, notre avenir. Car le vieillissement de nos sociétés nous impose de financer de plus en plus de risques de dépendance. Et nous devons nous y préparer.

Tout comme nous devons aborder le sujet, au combien difficile, de la rupture de la relation entre le devoir de contribuer aux solidarités républicaines et le droit d’en bénéficier.

Là sont les véritables sujets qui engagent notre avenir.
Celui de « 
l’Etat-providence, avant tout un assureur qui substitue aux hasards de l’existence individuelle la certitude de la solidarité sociale ».
Celui de son financement, lorsque sa pérennité passe par un déplacement de la solidarité de l’Etat vers la société civile.

Sauf à changer radicalement de modèle.

Richard POGLIANO – Président du Cercle de Nice

(*) Cf. Newsletter du 07.07.14

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