DE LA REPUBLIQUE ET DES INSTITUTIONS REPUBLICAINES

L’économiste et sociologue allemand Max Weber, qui rédigea la Constitution de la République de Weimar, disait : « Il n’y a que deux péchés en politique : ne défendre aucune cause et n’avoir pas le sentiment de sa responsabilité ».

N’avons-nous pas, aujourd’hui, le sentiment que nos gouvernants exercent leur pouvoir dans une totale irresponsabilité, voire immoralité ? Et le Président de la République, quel qu’il soit, ne peut-il pas s’arroger tous les pouvoirs, gouverner comme bon lui semble, sans avoir de compte à rendre à personne ?

En 1974, le radical Pierre Mendès France, député, plusieurs fois ministres, Président du Conseil et grand résistant, écrivait déjà : « Aujourd’hui, c’est le moteur de l’intérêt privé immédiat qui nous gouverne. Le Président de la République, le ministre des Finances, les représentants les plus qualifiés du pouvoir et ceux du patronat l’ont dit explicitement : le plus lucratif, le plus rentable pour les chefs d’entreprise correspond au bien être de la collectivité. La loi dominante du profit s’intègre ainsi à un ensemble que la V° République représente fort bien ».

Il dénonçait lui aussi l’exercice du pouvoir à d’autres fins que le bien-être du peuple, lorsqu’on manque de conviction et de courage, lorsqu’on s’engage pour une cause avant d’être élu et en défend une autre après son élection ! Aucun peuple ne peut se satisfaire d’élus qui leur confisqueraient leur représentativité et ce pour quoi ils ont été élus !

Voilà pourquoi notre République doit aujourd’hui relever bien des défis.

Et d’abord celui de retrouver la confiance de son peuple. Cette confiance trop souvent battue en brèche par un Présidentialisme excessif et aveugle.

Ne nous y trompons pas et ne manquons pas de courage, il nous faut la réformer cette République, et la réformer en profondeur.

A-t-on besoin d’un Président de la République tout puissant et d’un Premier Ministre simple collaborateur ?

Le Président de la République ne devrait-il pas, finalement, être directement le chef du gouvernement ?

A condition qu’il soit totalement et directement responsable devant le Parlement, que toutes ses décisions, et d’abord budgétaires, soient validées par le Parlement, et que rien ne puisse se faire sans de véritables débats et accords, dans une totale transparence des décisions.

A condition aussi, et par voie de conséquence, de revaloriser le Parlement et lui donner de véritables pouvoirs de contrôle sur l’exécutif ainsi que de nouveaux droits comme, par exemple l’élection des membres du conseil constitutionnel.

A condition aussi que soit totalement garantie une véritable séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire d’une part, des pouvoirs nationaux et locaux d’autre part, en encourageant chaque fois que cela est possible la démocratie participative.

A condition encore que le peuple est un libre exercice de sa souveraineté, à la fois par plus de droits d’intervention dans la sphère publique et de contre-pouvoirs dans l’exercice des fonctions administratives, judiciaires et électives.

A condition enfin, que les représentants de la nation ne puissent cumuler les mandats, ni dans le nombre avec un maximum de deux mandats dont un seul exécutif, ni dans le temps avec un maximum de trois mandats successifs par exemple.

Retrouvons les fondamentaux de la République.
Et d’abord, la responsabilité politique des élus devant le peuple qui est le principe majeur de toute constitution Républicaine.

Richard POGLIANO – Président du Cercle de Nice

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