COMMUNICATION ET LEURRE

Le bonheur est dans la communication, la politique dans le leurre. Voilà, peu ou prou, la devise de notre Premier Ministre.

La communication pour faire croire qu’il est réformateur, rigoureux et sérieux. Mais, si c’était le cas, pour la suppression des départements, il aurait dû annoncer une réforme de l’article 72 de la Constitution Française. Soit, en ayant une majorité à l’Assemblée Nationale, puis au Sénat et enfin, le vote des 3/5ème des membres du Congrès, Sénat et Assemblée Nationale réunis ensemble. Quand on sait que le Sénat va basculer à droite et que la majorité est ric-rac à l’Assemblée Nationale…Soit en organisant un référendum populaire. Mais avec un Président de la République à 18% d’opinion favorable…

 Alors, il fait comme si… et tout cela n’est donc que communication !

 Le leurre, c’est la fusion des Régions, pour qu’on ne parle plus du chômage et de la paupérisation de la France.

Arrêtons-nous un instant sur ce projet.

Il est stupéfiant de faire croire que la fusion des Régions permettra de faire d’importantes économies, surtout à hauteur de 11 milliards d’euros.

D’abord parce que plus de la moitié des quelques 90 000 agents régionaux français sont des techniciens qui subsisteront avec ou sans fusion. Donc pas, ou très peu, d’économie.
Ensuite parce que le non-remplacement de un agent sur deux partant à la retraite ne se ferait qu’entre 2015 et 2020, n’entraînant au maximum qu’un milliard d’euros d’économie sur ces cinq années. On est loin du compte.
Enfin, concernant les autres dépenses, la fusion des Haute-Normandie et Basse-Normandie, pour prendre un exemple concret, ne permettrait qu’ 1,4 million d’euros d’économie en hypothèse basse et 2,7 millions en hypothèse haute. Et dans le même temps, le coût de la fusion se situerait entre 9 millions et 15 millions d’euros, pour les mêmes hypothèses. C’est dire…

Non, la véritable réforme pour rechercher des économies serait une remise en cause totale de l’organisation des politiques publiques. Régionales certes, mais pas seulement, nos 36 000 communes gérant à elles seules 1,5 million d’agents municipaux.
Pour cela il faudrait une évaluation complète des dépenses publiques, avec une indispensable clarification des compétences de chaque collectivité territoriale. En les responsabilisant sur des objectifs de réduction de dépenses, en agissant sur les politiques publiques, en les recentrant sur des projets prioritaires, participatifs, et parfois sous condition.
Ce serait là un vaste chantier, mais un véritable projet de réforme. Comme devait l’être le grand projet de réforme fiscale, vite passé aux oubliettes.

Alors, foin du bateleur d’estrade qui ne communique qu’à coup de leurres !


Richard POGLIANO – Président du Cercle de Nice

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