CHOMAGE : UN RESULTAT EN TROMPE-L’ŒIL…

Le gouvernement a annoncé, en septembre, que le nombre d’emplois de catégorie A, ceux qui n’ont pas travaillé dans le mois, a reculé de 66 300 personnes (*).

Cette décrue est la plus forte du quinquennat, et même depuis 1996 en France.

Mais ce résultat est en trompe-l’œil !

D’abord, le gouvernement a eu massivement recours aux « contrats aidés », 115 000 à la fin 2016.

Ensuite, il a lancé en début d’année le plan « 500 000 formations supplémentaires ».
Ces deux outils permettent de dégraisser la catégorie A et surtout de ne pas s’attarder sur le faible taux de création d’emplois, + 121 000 sur un an, soit trois fois moins qu’en Allemagne.

Au début des années 2 000, l’Allemagne détruit 700 000 emplois en trois ans. L’une des raisons : un coût élevé du travail. Le chancelier Schröder lance en 2003 une série de réformes pour libérer le marché du travail et réduire la durée de versement des indemnités chômage. Résultat : plus de 3 millions d’emplois générés depuis 2005. Et aujourd’hui l’Allemagne est proche du plein emploi.

Le modèle allemand n’a pas encore réussi à s’exporter en France. Et ce n’est certes pas la panacée. Mais, cela pourrait changer si la droite revenait au pouvoir. Dégressivité des allocations chômage, baisse des charges patronales… Tous les candidats à la primaire de la droite et du centre annoncent un « big-bang » du marché du travail.

Il faut quand même voir les choses de plus près, car on peut avoir tort en valeur absolue et, peut-être, raison en valeur relative.

Avec un décalage en faveur de l’Allemagne, les courbes de créations nettes d’emplois de la France et de l’Allemagne évoluent dans le même sens. Avec des pics en 1999 et 2000, dus en France à la mise en place des 35 heures et à un taux de croissance à 3,9%, un niveau jamais atteint depuis, et un pic en 2007, à la suite, en France, de la détaxation des heures supplémentaires.

Après vérification auprès d’Eurostat, entre 1995 et 2015, l’Allemagne a créé 5,2 millions de postes contre 4,1 millions pour la France. Mais rapportés au nombre de salariés de chaque pays, pour prendre en compte la puissance des deux économies, ces chiffres représentent 12% des effectifs outre-Rhin… et 15% dans l’Hexagone.

Mais aujourd’hui, en France, même en tenant compte du recul annoncé, pour l’ensemble des catégories A, B et C, nous atteignons un chiffre de 5,8 millions de demandeurs d’emploi.

Alors…

(*)Challenges-496-03112016-12-FF-Eurostat

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