CHARLEMAGNE (3)

L’ EPANOUISSEMENT CULTUREL

Charlemagne admit à sa cour de nombreux érudits et artistes originaires de toute l’Europe, parmi lesquels se distinguent Alcuin d’York, directeur de l’école palatine, Pablo Diacono, Paulin d’Aquila et Théodulfe d’Orléans. Son biographe, Eginhard, l’accompagnait dans ses campagnes et le consacra, pour l’histoire, « Rex pater Europa », « Roi, père de l’Europe ».

La cour d’Aquisgran, lieu de résidence préféré de Charlemagne, incarnait les succès de l’empire carolingien. Un imposant complexe fut construit avec des marbres importés d’Italie, et les modèles romains d’agencement de l’espace et de décoration furent adoptés. La résidence d’Aquisgran comprenant une grande salle palatine ou salon d’audience et, à l’opposé du complexe, une chapelle édifiée selon le modèle de l’église bâtie au VI° siècle, à Ravenne, par l’empereur byzantin Justinien.

De la même façon, de vastes églises furent construites dans tout l’empire, ainsi que des abbayes et des monastères, de Saint-Philibert de Grand-Lieu, à l’embouchure de la Loire, jusqu’à Corvey, sur les bords du Weser, en Saxe.

Même si l’empire carolingien avait les yeux rivés sur l’ancienne Rome, il marqua une profonde rupture avec le passé romain. Les langues romanes s’éloignant de plus en plus du latin romain, une partie de plus en plus grande du clergé ne comprenait pas les textes utilisés et ne pouvait de ce fait, célébrer les offices religieux.

Charlemagne instaura un réseau d’écoles de latin pour les clercs.

Il est significatif que, même si Charlemagne ne savait ni lire ni écrire, son école palatine ait imposé la lettre minuscule caroline pour en finir avec les variantes locales en écriture.

De fait, la cour de Charlemagne possédait un cercle littéraire qui formait une véritable académie, avec sessions et concours réguliers, alors que dans les « écritoires » on travaillait sur les manuscrits avec des miniatures.

Comme l’écrivit l’historien Arnold Hauser (1892-1978) : « Tout le programme de Charlemagne avait pour but de redonner vie à l’Antiquité. La renaissance carolingienne se distingue de l’Antiquité chrétienne précisément parce qu’elle ne continuait pas simplement la tradition romaine, mais parce qu’elle la redécouvrait. »

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