CE QUE L’ARGENT NE SAURAIT ACHETER…

« Quelle différence y a-t-il entre une amende et des frais ? Les amendes expriment une désapprobation morale, tandis que les frais sont de simples prix n’impliquant aucun jugement moral. Imaginons qu’un entrepreneur valide veuille se garer à proximité de son chantier sur une place destinée aux handicapés. Il sera prêt à payer l’amende. Il se dira que ces genres de frais sont inhérents à l’exercice de son métier (…). En confondant pénalité et frais, il ne respecterait ni les besoins des handicapés physiques, ni le désir de la communauté… ».

Toute notre société est gouvernée par la marchandisation des biens et des services. Même nos comportements et nos sentiments le sont.
Les marchés sont présents partout, dans la rue, à la télévision, sur internet.
Est-ce pour autant que l’argent peut tout acheter ?

C’est le sujet que traite le philosophe américain Michael Sandel, dans son ouvrage « Ce que l’argent ne saurait acheter », aux Editions Seuil (336 pages, 22€). Sandel considère que l’économie de marché est nécessaire au développement de nos économies, mais dénonce une société où tout est réduit à une valeur marchande. Il écrit : « Une économie de marché est un instrument. Une société de marché est un endroit où absolument tout est à vendre ».

Avec de très nombreux exemples, l’auteur décrit cette marchandisation de la vie quotidienne qui conduit à l’accroissement des inégalités, à un effritement de la citoyenneté et à une remise en cause de la solidarité. Tous les secteurs sont concernés, la santé, l’éducation, la famille, la vie professionnelle et personnelle.

Comme les auteurs précédents, Marc Roche, Jean-Marc Daniel ou Xavier Fontanet, Michael Sandel cherche à ʺmoraliserʺ la société, en introduisant un débat sur le rôle et les limites du marché capitaliste dans notre démocratie. En responsabilisant les citoyens dans un système fait de droits et de devoirs, où le marché reste à sa place.

Absolument à lire, et à méditer.

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