NICE : POSTFACE

Le désir de Nice est de plus en plus fort chez nos concitoyens.
Mais si le niçois est fier de sa ville, cela ne veut pas dire qu’il y vit bien. Certes la proximité de certains lieux de loisirs, de commerce et d’échange donne un sentiment de bien être et de liberté. Mais, les plaintes se multiplient. Elles concernent l’environnement, la pollution, le bruit, la saleté, mais aussi l’insécurité et la circulation…
Alors, on peut rêver. Rêver d’une ville idéale.
Une ville où tout serait accessible et durable, dans chaque quartier et pour tous. Proximité des services privés et des équipements publics, fluidité du trafic, avec des rues rendues aux piétons et des voitures enterrées – routes et parkings en sous-sol -, sécurisation de tous les espaces ouverts et fermés, qualité et confort de l’habitat, le tout à des coûts abordables.
Une ville dessinée et co-construite par les habitants eux-mêmes, et qui soit la maison commune de tous.
Une ville attachée à ses racines, qui respecte la tradition et la transmission, mais en même temps ouverte sur l’extérieur, qui recherche le progrès social et le développement économique.
Une ville qui dessine un avenir pour chacun de ses habitants, qui ne juge pas, ne condamne pas, ne rejette pas. Qui respecte les différences et ne détruit pas ce que nous sommes.
Ce que cherche le niçois avant tout, c’est la qualité de vie. Ici, dans sa ville. Retrouver… retrouver un lien charnel avec sa ville, et les autres. Avec ses relations profondes faites de l’ambivalence du sentiment, appropriation et amour, et du sens, appartenance et liberté. Et plus que tout, ce que nous voulons préserver, quitte à le ré-inventer, c’est le sentiment profond de notre destinée niçoise.
En exaltant cette réification du lien affectif que nous éprouvons pour notre ville, notre Nice. A laquelle nous sommes attachés, mais jaloux de son appartenance aux autres. Dans laquelle nous sommes enracinés, mais libre d’en connaître une autre. Pour laquelle nous sommes prêts à nous battre, mais en retenant notre fougue.
En intensifiant notre regard sur ces empreintes du passé et ces tendances de demain, qu’il nous faut décrypter pour préparer l’avenir. Celles du vieillissement des populations, de l’accroissement des migrations, des bouleversements économiques et des transformations de nos structures familiales. D’autres encore.
Il nous faudra répondre à toutes ces aspirations d’amélioration et de changement qui foisonnent, parfois s’opposent, toujours se cristallisent.
Bâtir un projet pour Nice. S’engager pour l’avenir de notre ville.
Ne pas rester à la surface des choses, voilà la contrainte de chacun, de chaque responsable.
Ne pas se revendiquer d’une seule certitude, comme une seule réponse possible, parce que c’est plus simple.
Ne pas s’autoriser à croire que l’on peut résoudre tous les vrais problèmes par de faux petits arrangements.
Alors, dès aujourd’hui, il nous faut penser. Penser global et agir local. Repenser, moins, mais mieux.
Et pour cela nous avons besoin de la Politique.

La Politique, avec un grand P, doit retrouver ses lettres de noblesse en se donnant comme objectif, et trouver les moyens de ce faire, de permettre à l’homme d’être à nouveau maître de son destin. Et recouvrer le bonheur du vivre ensemble.
Quand les droits se multiplient, les lois se complexifient, les réseaux sociaux s’exponentialisent, et que les rapports entre les individus deviennent de plus en plus conflictuels, c’est que la politique a déserté.
Quand la culture générale n’a plus de valeur, que l’histoire de France est dénigrée, que la République et la Nation sont soldées de tout compte, c’est que, là encore, la politique a déserté.
En France, comme à Nice.
Alors, à Nice, il nous faut rechercher au plus profond de nous-mêmes, les leviers pour reprendre les choses en main.
La tâche à venir est lourde. Elle n’est pas spectaculaire. Mais elle est incontournablement et nécessairement vitale. Comme l’est l’amour qu’une mère porte à ses enfants. Comme celui d’un père qui donne, sans attendre de recevoir.
Cette tâche nous devons l’entreprendre, sans attendre. Avec un projet pour Nice qui soit une véritable révolution urbaine et citoyenne. Un projet qui unit, fédère, et surtout, associe les citoyens à la chose publique. Parce que si nous voulons construire Nice de demain, il faut construire une ville qui assure notre devenir et celui de nos enfants. Qui lutte contre l’indifférence et l’isolement, qui ne creuse pas le fossé entre les quartiers qui gagnent et ceux qui ne gagnent pas. Qui reste fidèle aux valeurs qui fondent le socle de notre République Française et place l’humain au cœur de tout.
Avec des politiques dont les maîtres mots sont l’écoute et la participation, le pluralisme et la transversalité. Et pour cela, repenser l’action publique, à la fois en partant des besoins exprimés par les niçoises et les niçois, et en définissant, avec l’ensemble des partenaires publics et privés, un projet global.
Avec des hommes et des femmes qui en soient les porteurs de confiance. Qui mobilisent et rassemblent autour d’eux, sans appartenances partisanes. Et agissent, avec chacune et chacun, en transparence, dans le respect de la différence.
Dès aujourd’hui. Car comme disait Henri Lacordaire, « entre le passé où sont nos souvenirs et l’avenir où sont nos espérances, il y a le présent où sont nos devoirs.»
C’est cette aventure humaine collective qu’il nous faudra mener.
Une autre histoire. Un prochain rendez-vous.

(Extrait du livre « A PROPOS DE NICE » de Richard POGLIANO
– Editions Campanile – Pages 165 à 169)

NICE : LES CLEFS DE LA RUPTURE (6)

Pour façonner notre territoire pour les 20, 30 ans à venir, avoir une ville équilibrée, durable et centrée sur ses concitoyens, et faire de Nice, l’authentique, la fidèle mais aussi la renouvelée, il nous faut ouvrir de nouveaux chantiers, de nouvelles portes. Dont il nous faut les clefs.
Des clefs qui vont nous permettre de relever tous les défis, parce qu’elles sont des préalables. Comme autant de ruptures dans nos habitudes, de pensée et d’analyse.
Cinq clefs pour rompre avec l’endettement improductif, les difficultés de communication, le malaise ambiant, les vieilles gouvernances et les pensums traditionnels. Comme cinq préavis.


1ère rupture. La maîtrise des comptes et le retour à l’équilibre des finances publiques.
(p. 150 à 152)


2ème rupture. Associer les citoyens à la chose publique, dans un véritable souci de co-construction, en toute indépendance.
(p. 153 à 155)

3ème rupture. Redonner corps à nos quartiers et retrouver les repères de nos villages. (p. 155 à157)

4ème rupture. Développer une stratégie économique intégrée pour que Nice relève les défis des industries du futur. (p.158 à160)

5ème rupture. Faire d’urgence le choix de la croissance verte et répondre aux enjeux humains et écologiques. (p. 160 à 163)

La dégradation de notre situation locale est malheureusement inquiétante. La hausse des dépenses publiques, le maintien des déficits et la diminution des marges de manœuvres financières. Le déclin de l’activité économique et les pertes d’emploi. La lourdeur de la pression fiscale et l’accroissement des coûts pour nos concitoyens. L’incapacité à satisfaire attentes et besoins de notre population.
De simples accommodations ne suffiront pas à enrayer cette spirale infernale qui se dessine. Et notre ville risque de connaître des lendemains difficiles, avec leurs corollaires économiques et sociaux, environnementaux et comportementaux.

Il faut donc rompre.

C’est aux responsables politiques, et à tous les acteurs décideurs, de réinventer le nouveau paradigme niçois. Les nouvelles urbanités qui répondront à tous les enjeux humains et écologiques.
De la rénovation et du désenclavement des quartiers, à la déconstruction et la reconquête d’espaces structurants, en passant par une construction, en haute qualité environnementale, de l’habitat, ainsi que la réalisation d’éco-quartiers.
De la régénération de notre tissu économique, avec l’implantation de moyennes entreprises créatrices de nouveaux emplois, à l’organisation de nos acteurs locaux en réseaux globaux, nationaux et internationaux, en passant par une gouvernance renouvelée, dans la transparence et la concertation.

Construire une ville intelligente, et mettre le niçois au cœur de son développement. Parce que si le développement urbain est durable, il doit être, aussi, humain.

 

(Extrait du livre « A PROPOS DE NICE » de Richard POGLIANO
– Editions Campanile – Pages 163 à 164)

NICE : LES CLEFS DE LA RUPTURE (5)

5ème rupture. Faire d’urgence le choix de la croissance verte et répondre aux enjeux humains et écologiques.

A Nice, plus qu’ailleurs, notre environnement est exceptionnel, et doit le rester. Mais à Nice, comme ailleurs, les difficultés économiques et sociales sont bien présentes.
Alors, s’il est un secteur qui peut nous permettre à la fois de régler nos difficultés tout en préservant notre environnement, il est urgent de franchir le pas, et faire le choix de la croissance verte. C’est-à-dire du développement durable.

Mettre en œuvre une politique de l’énergie au niveau local, et donc un plan de développement des activités compatibles avec le respect de l’environnement et de la sécurité des niçois, c’est favoriser la création d’emplois.

De l’emploi pour tous, à tous les niveaux de qualification et pour l’essentiel non délocalisables. Construire des maisons et des bâtiments qui produisent leur propre énergie, en électricité, chauffage et eau chaude. Et donc sont autonomes. Mieux, peuvent en fournir aux autres. C’est créer des emplois, d’installation et d’entretien, sur site, et qui n’iront pas ailleurs. Et c’est réduire, et sa facturation énergétique, et les émissions polluantes.

Si l’on adopte une attitude volontariste pour développer la filière qui va avec, aussi bien en amont qu’en aval, cette politique de développement durable visera l’exigence dans la qualité de la formation, et la création d’une nouvelle cohésion sociale. Par exemple, en fixant des priorités aux entreprises dans le recrutement local de ses employés, et la mixité des statuts.

Il en va de même pour ce qui concerne les déplacements et les modes de transports collectifs, comme le tramway à Nice. Et toutes les dernières innovations techniques et urbanistiques, en termes de construction et de rénovation des bâtiments, d’isolation, de recyclage, de dépollution. Dans les domaines des réseaux électriques intelligents, de l’efficacité énergétique, l’éolien, le solaire, l’énergie marine, la chimie verte, la biomasse et la géothermie.
Bref, chacun pourra vivre dans un environnement propre. Nice pourrait devenir l’éco-cité de demain. C’est cela, le développement durable. C’est cela, l’enjeu. La bataille pour une croissance verte.

Certes, le développement durable à lui seul ne règlera pas le chômage. Mais il est une voie d’excellence pour nous, ville du soleil. Et si ce n’est pas un miracle, c’est une nécessité. D’autant que c’est aussi notre indépendance énergétique locale qui se joue là. Et puis, nous avons notre Méditerranée. En faire la plus propre de toutes les mers, ne serait-ce pas lui rendre un peu de tout ce qu’elle nous apporte ?

Alors, comme en matière de stratégie économique, la collectivité territoriale doit être pilote et son intervention doit amener tous les partenaires, publics et privés, à devenir acteurs de ce développement durable. Même si de nombreux freins existent, avec un Etat, dont la lisibilité en la matière est à géométrie variable. Avec une absence de réelle filière et une réglementation des plus complexes.

Il est alors important d’avoir des actions incitatives, pour encourager toutes les initiatives respectueuses de l’environnement.
Mais on peut considérer que ces soutiens ne sont ni les plus efficients, ni les plus efficaces pour atteindre notre objectif. Il faut essayer, comme indiqué précédemment, de privilégier l’action directe.

Et dans cette optique, il importe à la collectivité de mettre en adéquation cette nouvelle politique durable avec tous les autres programmes d’urbanisation et projets de développement. Les nôtres, et ceux de tous nos partenaires. Pour que cette stratégie devienne un véritable levier de développement local.

Ce sont tous les services de la ville qui doivent être impactés par une telle démarche. Parce qu’il s’agit, ni plus ni moins, de modifier tous nos modèles, de consommation, de production, d’organisation de la vie et de la pensée.
Et celui du fonctionnement de la Collectivité Municipale, qui doit anticiper, pour déterminer les besoins, coordonner, pour réaliser des synergies, fédérer, pour générer des réseaux, et agir, pour inciter et piloter.


L’urgence est là. Et, il serait intéressant de pouvoir évaluer, mais cela est difficile en l’état actuel, le coût de l’absence de choix. C’est-à-dire, les dépenses qui seraient à réaliser pour réparer, demain, les conséquences d’une non-action, aujourd’hui.
Sûrement, un coût inacceptable.

 

(Extrait du livre « A PROPOS DE NICE » de Richard POGLIANO
– Editions Campanile – Pages 160 à 163)

NICE : LES CLEFS DE LA RUPTURE (4)

4ème rupture. Développer une stratégie économique intégrée pour que Nice relève les défis des industries du futur.


La ville de Nice bénéficie d’un potentiel économique intéressant, mais très largement insuffisant et notre taux de chômage est supérieur à celui de la moyenne nationale.

Plusieurs paramètres doivent être pris en compte, pour faire face à cette situation, dont les répercussions sur notre population sont très lourdes. Mais ils me conduisent tous, à la conclusion qu’il nous faut changer de modèle. Aussi bien dans la façon de penser, que dans les solutions à adopter. Et qu’un développement local de notre économie, intégré dans une globalisation, est seul à même d’y parvenir.
Penser global, agir local.

La crise, économique et financière, ne doit pas être pour nous l’arbre qui cache la forêt.
Outre le fait que nous sommes face à une remise en cause profonde des valeurs de notre civilisation occidentale, nous devons comprendre les mutations qui interviennent dans cette globalisation de l’économie. Tout particulièrement en analysant les marchés futurs, et donc en nous tournant vers les industries qui en émergeront. Comme celles des énergies renouvelables.
Par ailleurs, nous l’avons vu, le tissu économique de notre ville, et du bassin d’emploi niçois, n’est pas suffisant pour répondre à toutes les demandes. Ce qui veut dire que nous avons à le repenser. A réfléchir à son développement, notamment en recherchant l’implantation d’entreprises de taille moyenne, qui sont celles qui offrent le plus de garantie dans le maintien de l’emploi, parce que les moins délocalisables. Sous certaines conditions, évidemment.
Enfin, nous devons faire le constat alarmant de l’inadéquation de l’offre des entreprises à la demande des citoyens. Inadéquation actuelle, mais inéquation également sur le moyen terme, ce qui est plus grave.
Seule une analyse prospective très fine des besoins à venir nous permettrait d’y voir plus clair.


La contrainte est là. Gérer l’immédiat, tout en anticipant l’avenir. Et les enjeux sont là. Relancer une économie niçoise en développant un tissu local de PME/TPE. Se positionner sur les marchés, et donc les métiers, du futur. Avec en priorité, nous le verrons plus loin, les énergies non renouvelables. Mettre en place les filières de formation adaptées à ces futures offres.

La collectivité publique, comme je l’ai précédemment indiqué, doit favoriser la mise en place des synergies, seules susceptibles de répondre à ces enjeux, relever ces défis. C’est dire si son intervention publique est plus que nécessaire et urgente. Sans se limiter aux seuls acteurs locaux, en s’ouvrant sur le monde universitaire et celui de la recherche. Et donc en construisant des réseaux interdépendants.
L’avenir de notre bassin d’emploi repose donc tout aussi bien dans ses relations locales, que nationales et internationales. Sans négliger, dans une période de maîtrise de la dépense publique, les financements européens, notamment par la mise en place de projets transfrontaliers.


C’est cette stratégie économique intégrée au national, à l’Europe et à l’international, qui permettra de répondre aux attentes et aux besoins des niçoises et des niçois.

Charge à la Collectivité Municipale, devenue mairie stratège, de mobiliser toutes les compétences, jusque dans sa propre administration. Dans le cadre de se nouvelle gouvernance.
Pour faire gagner Nice.

 

(Extrait du livre « A PROPOS DE NICE » de Richard POGLIANO
– Editions Campanile – Pages 158 à 160)

NICE : LES CLEFS DE LA RUPTURE (3)

3ème rupture. Redonner corps à nos quartiers et retrouver les repères de nos villages.

Il s’agit de mettre un terme au modèle de fragmentation de notre ville, qui fait qu’existent des quartiers où il n’y a que de l’habitat, et des quartiers où il n’y a que des bureaux. Et à cette ex-urbanisation, qui rejette à la périphérie niçoise toute activité de développement.

Contrairement à une idée reçue, et à l’apparence que souvent elle donne, la ville n’est pas un territoire désorganisé. Elle s’organise selon une intelligence qui lui est propre.
Nice, nous l’avons vu tout au long de cet essai, s’est développée, structurée, en fonction de ses contraintes géographiques, dans un premier temps, puis, ensuite, des évolutions historiques. Ce qui la caractérise, plus qu’une autre, c’est qu’il est souvent difficile de composer avec les premières, alors qu’on a pu intégrer les secondes.
La ville que j’ai connu est toujours là, physiquement là. Mais, comme elle a changée.

Aujourd’hui, la ville se fragmente elle-même. Je veux dire, sur elle-même. En d’autres termes, elle est éclatée en différents secteurs spécialisés. Là des espaces de bureaux, exclusivement. Ici, des zones commerciales, plus loin artisanales et industrielles. Et, ainsi de suite.
Cela paraît normal, au premier abord, car la ville se développe, l’urbanisation s’étale, des voies nouvelles se créent. La ville grandit, s’étend de plus en plus sur ses périphéries, rejoint d’autres villes. Elle s’exurbanise. Ou, si vous préférez, elle se métropolise.

En réalité, on assiste à l’apparition de zones qui s’articulent autour d’activités et de statuts, de métiers et de revenus. Autour d’entités, parfois autonomes, toujours exclusives. Nice devient une succession de territoires, fermés les uns aux autres. Elle crée des ségrégations et des séparatismes. Des inégalités spatiales qui viennent s’ajouter aux inégalités sociales. Bien sûr, ce phénomène n’existe, pour l’instant, qu’à la marge. Mais, si l’on n’y prend garde, il peut rapidement se généraliser.

Ainsi donc, une ville étalée devient une ville fragmentée, qui se recompose sous la pression des fractures de notre société française.
A l’inverse, une ville qui se vit dans chacun de ses quartiers, comme autant de repères retrouvés, est une ville sûre. Où chaque quartier redevient un véritable village.
Small is beautiful. Et non pas l’inverse.

Pour retrouver notre ville, il nous faut retrouver nos quartiers.

Cela veut dire, changer de modèle. Et d’abord, de raisonnement. Plus l’espace urbain se développe, plus il faut recréer des centralités, organisées en réseau. Dans chaque quartier. Comme cela s’est naturellement fait pour le centre ville de Nice. Qui est devenu le lieu de convergence de tous les niçois.
Il faut que chaque quartier ait son centre à lui. Sa place du village.

Bien entendu, il est impératif que les stratégies d’aménagement prennent en compte ce nouveau modèle. Et, réintroduire, dans chaque secteur, les complémentarités nécessaires. Dans le temps. Par exemple, construire de l’habitat, là où il n’y a que des bureaux.
A cet égard, la création d’éco-quartiers, dans le cadre du développement durable, est une opportunité qui peut tout à la fois, réintroduire de la diversité, recréer du lien et protéger l’environnement.

Nice doit retrouver ses horizons, retrouver sa personnalité, ne pas laisser se creuser des fossés, ici ou là, retrouver ses ordonnancements et, en même temps, se renouveler.

 

(Extrait du livre « A PROPOS DE NICE » de Richard POGLIANO
– Editions Campanile – Pages 155 à 157)

NICE : LES CLEFS DE LA RUPTURE (2)

2ème rupture. Associer les citoyens à la chose publique, dans un véritable souci de co-construction, en toute indépendance.

Tout le sens d’une action municipale, comme d’ailleurs d’une action nationale, réside dans sa construction collective permanente.

Nous vivons à Nice dans un système où tout ce qui est décidé vient d’en haut. Où tous les projets structurants, quelqu’en soit le domaine, sont l’apanage de technocrates. Il ne s’agit pas ici, bien entendu, de mettre en cause des hommes. Loin s’en faut. Mais de la réflexion sur un système qui déconnecte complètement le niçois de sa ville, et de son projet.

Associer les habitants d’une ville à sa pleine réalisation, n’est-ce pas une belle et juste ambition ? Ce qui est essentiel, c’est de rêver ensemble notre Ville dans 10, 20 ou 30 ans.
Mais cette technocratie refuse, se nourrit « à l’identique » et oblige Nice à conserver l’organisation d’une « technostructure administrative centralisée ». Une organisation hiérarchique, pyramidale, centralisée et bureaucratique, qui nuit à l’efficacité de l’action publique.

Or à l’heure de la mondialisation, penser global est une obligation, agir local est une nécessité. Et bien, cette technocratie doit être remise en question, en mettant le citoyen au centre de ses préoccupations.

Je reste convaincu qu’il n’existe pas de fatalité à notre mode de gouvernance. Qu’une action municipale ne peut se concevoir au travers d’un centralisme jacobin. Qu’il nous faut, absolument, passer d’un système pyramidal obsolète à une organisation transversale en réseaux, dotés de pouvoirs et de contre-pouvoirs.

C’est seulement de cette façon qu’on pourra rapprocher les citoyens des élus, combler le fossé entre les attentes et besoins de la population, et les réponses qui y sont apportés.
Parler de co-construction est une autre façon de nommer cette nouvelle gouvernance, qui, dans une démarche participative, remet le citoyen au cœur de toute chose. C’est aussi un moyen de recréer des liens. Et de se retrouver. De réapprendre à travailler ensemble, en étant, tout à la fois, acteur et responsable.

Bien sûr, pour cela, il faut des moyens, du temps et des formations, des budgets, aussi. Un peu comme cela était organisé dans les conseils de quartiers.
Mais il faut, surtout, mettre en place une méthode.

Assurer la représentation des citoyens et de l’ensemble des acteurs concernés, géographiquement et professionnellement. Faire le choix, collectif, des thématiques abordées, sans ne rien occulter. Faire circuler l’information, pour que chacun se l’approprie. Organiser des débats, avec de véritables confrontations d’idées, pour que les décisions prises en soient la résultante. Mettre en place un feedback, à chaque étape.
Bref, une véritable méthodologie de la participation.

Ainsi, la libre expression des acteurs de la vie publique locale, qu’ils œuvrent dans le domaine associatif, culturel, sportif ou social, sera entendue, de même que l’expertise des agents économiques locaux, ainsi que celle des acteurs privés ou publics concernés. Afin de bâtir un véritable projet, avec un nouveau pacte citoyen.
Pour que chaque niçoise, et chaque niçois, soit associé à l’action de la vie publique locale.

(Extrait du livre « A PROPOS DE NICE » de Richard POGLIANO
– Editions Campanile – Pages 153 à 155)

NICE : LES CLEFS DE LA RUPTURE (1)

Nous avons la chance de vivre dans une ville à taille humaine. Même si elle est la cinquième de France. C’est le miracle de notre environnement.
Alors, ne perdons pas notre ville. Méfions-nous des projets, innovants ou pas, qui ne changeraient rien. Ou qui seraient contreproductifs. Restons sur l’essentiel. C’est déjà beaucoup, nous l’avons vu. Et, suffisant.

Pour façonner notre territoire pour les 20, 30 ans à venir, avoir une ville équilibrée, durable et centrée sur ses concitoyens, et faire de Nice, l’authentique, la fidèle mais aussi la renouvelée, il nous faut ouvrir de nouveaux chantiers, de nouvelles portes. Dont il nous faut les clefs.
Des clefs qui vont nous permettre de relever tous les défis, parce qu’elles sont des préalables. Comme autant de ruptures dans nos habitudes, de pensée et d’analyse.
Cinq clefs pour rompre avec l’endettement improductif, les difficultés de communication, le malaise ambiant, les vieilles gouvernances et les pensums traditionnels. Comme cinq préavis.
1ère rupture. La maîtrise des comptes et le retour à l’équilibre des finances publiques.
La question financière est essentielle pour une ville. Les financements de l’ensemble des projets urbains dépendent à la fois des collectivités publiques et des acteurs privés. Mais la puissance publique doit veiller à ce que ses financements soient parfaitement contrôlés.
Face aux différents désengagements, notamment de l’Etat, les collectivités territoriales dépensent des budgets de plus en plus importants. Au risque de devenir le tonneau des Danaïdes.

La Collectivité Municipale n’a donc pas d’autre choix que de maîtriser sa dépense et sa dette. Et d’abord de s’imposer le retour à l’équilibre de ses finances publiques.
J’ai toujours pensé qu’en la matière, un triple regard s’impose, celui de la fiscalité, de la rigueur et du développement. Comme un triangle d’or.

Le budget primitif de la ville s’élève à près de 700 millions d’euros, dont un peu plus de 300 millions proviennent de la fiscalité, avec un encours de la dette avoisinant les 400 millions d’euros.
Jusqu’alors stables, les impôts locaux ont fortement augmenté en 2009, avec une hausse de 17,7% de la taxe d’habitation et de 16,5% de la taxe sur le foncier bâti. Notre niveau de fiscalité directe par habitant est devenu supérieur au niveau moyen français.
Amorcé à partir de 2008, confirmé en 2009, le rétrécissement des marges de manœuvre augmente depuis 2010 et devient fortement préoccupant aujourd’hui. A cela s’ajoute une conjoncture très défavorable.
Des décisions doivent donc être prises. D’autant que l’écart entre l’évolution structurelle des dépenses et celles des dotations, impactent directement les capacités d’autofinancement de la commune et le niveau de ses investissements. Dans un contexte de crise durable et de gel des dotations, les finances publiques de notre commune sont sous haute tension. Il est donc urgent de retrouver l’équilibre de nos comptes publics.

Face à cette situation d’endettement, des plans d’économie s’imposent. Et ils devront être d’autant plus conséquents que l’endettement sera important. Comme c’est le cas pour notre commune.

Le propos, ici, n’est pas d’élaborer un tel plan.
Mais, dans un tel cas, en adoptant un logiciel GBS – Gros Bon Sens – les mesures de réduction de la dépense devront toucher tous les domaines. Et d’abord, celui du train de vie de la collectivité, des frais de bouches à ceux de communication, en passant par les frais de déplacement, et ceux liés aux recrutements et interventions extérieurs. Mais également, et surtout, ces mesures de réduction nécessiteront une gestion des plus rigoureuses dans les moyens utilisés. Non pas des coupes sombres. Cela n’a pas de sens. Mais une réelle et fine approche de chaque dépense, au regard de son efficacité réelle, notamment dans la réalisation des objectifs poursuivis.
Je le répète, ce qui est important dans la dépense, c’est son efficacité. Et c’est au regard de cette dernière que s’élaboreront les plans d’économie.

Il ne faut pas confondre, rétablissement des comptes et mise au point mort de l’activité municipale. Ne pas confondre plan d’économie et cure d’austérité.
La Collectivité Municipale ne doit pas renoncer à ses investissements. Parce que je l’ai dit précédemment, ce n’est pas seulement l’excès de dépenses qui entraîne la hausse de la dette publique. Et ce n’est pas seulement la réduction des dépenses qui permet de réduire la dette publique. La dette provient aussi de l’insuffisance de recettes.
La Collectivité Municipale doit donc, à la fois, maîtriser ses dépenses tout en augmentant ses ressources, c’est-à-dire, permettre la relance de l’activité économique et trouver de nouvelles formes de recettes. Bref, devenir une mairie stratège et une mairie entrepreneuriale.

(Extrait du livre « A PROPOS DE NICE » de Richard POGLIANO
– Editions Campanile – Pages 149 à 152)

NICE : QUESTIONS D’AVENIR (4)

Depuis 2002, la commune de Nice s’est territorialisée. La ville a été découpée en huit territoires, d’est en ouest : Est-Littoral, Rives du Paillon, Trois Collines, Cœur de Ville, Nord-Centre Nice, Collines Niçoises, Ouest-Littoral et Plaine et Coteaux. C’est à l’intérieur de ces nouveaux périmètres que s’organisent la vie des quartiers, celle des conseils de quartiers, comme celle des comités de quartier.
Cette nouvelle échelle, bien adaptée à notre commune, et à laquelle le niçois s’est habitué et attaché, permet une meilleure efficacité dans la gestion des relations, non seulement avec les habitants, mais également avec tous les institutionnels concernés, qu’ils soient publics ou privés, économiques ou sociaux.
On travaille mieux lorsqu’on est au plus près de l’administré.

Cette territorialisation est une avancée qu’il faut maintenir. Mais qu’il faut aujourd’hui développer, non dans l’espace, mais en moyens techniques et humains. Faute de quoi, elle risque de tourner dans le vide. Et faire encore plus de mécontents.

Il ne faut pas décevoir cette demande de participation des citoyens, qui n’a jamais été aussi forte. Il ne faut pas décevoir tous ces bénévoles qui travaillent dans l’intérêt général de leur quartier.

La Collectivité Municipale doit mettre en place de véritables services de proximité, en contact direct avec les niçois, et en temps réel.

Toutes ces questions sont incontournables, car elles préfigurent le cadre dans lequel se réalisera Nice. Se les poser, c’est déjà faire le premier pas vers l’élaboration de ce projet de ville. Dont l’unique ambition doit être de façonner notre ville au service des niçoises et des niçois. Pour que chacun puisse s’y épanouir. Et pour que chacun trouve des réponses à ses difficultés.

L’élaboration de ce projet doit se faire autour de deux engagements forts, sous-tendus dans chacun de mes propos. D’abord, le « vivre ensemble », afin que chacun trouve sa place, dans le respect et la dignité. Ensuite, la garantie d’un développement équilibré, porteur d’avenir pour tous et respectueux de l’environnement.

La Collectivité Municipale doit intégrer ces deux objectifs dans toutes ses politiques. Et surtout, faire adhérer l’ensemble des services municipaux. Car on l’oublie trop souvent, les responsables l’oublient eux-aussi, trop souvent, une mairie est composée de niçoises et de niçois, comme vous, comme moi.
Fier de leur ville, comme vous, comme moi.

Ce sont les employés municipaux qui sont en première ligne. Dans toutes leurs composantes, administratives, techniques, culturelles, sportives, sociales et médico-sociales. Sans oublier l’animation, la police municipale et les sapeurs-pompiers.

C’est donc à eux, qu’il faut donner tous les moyens, dans l’exercice de leur métier.
Car ils ont tous, en commun, des aptitudes, des connaissances et des savoir-faire de qualité. Qu’ils soient dans des fonctions d’exécution, avec souvent des qualifications spécifiques. Qu’ils soient dans l’encadrement intermédiaire, avec l’application et la mise en œuvre directe des choix de la commune. Qu’ils soient, enfin, dans la direction et la conception, dans l’encadrement et l’expertise. Et tous cherchent, encore et toujours, à s’améliorer.
C’est aussi leur parcours professionnel qu’il faut prendre en compte. Au-delà des salaires et des heures supplémentaires, une gestion prévisionnelle de leur plan de carrière doit leur permettre d’évoluer. De se former. D’accéder aux cadres d’emploi de catégorie supérieure. Ou de changer de filière, de poste. Avec un accompagnement totalement individualisé, régulier. Pour cela, établir un vrai dialogue, une vraie écoute. Pas une appréciation impersonnelle, et à l’identique année après année.

Les rendre fiers de leur Collectivité Municipale. Fiers de leur appartenance à la grande famille des Municipaux de Nice.

Tous ces défis sont devant nous. Le « vivre ensemble », l’emploi et l’employabilité, le cadre de vie, le lien social et la solidarité, l’économie niçoise, l’environnement et l’écologie, l’écoute des territoires.
C’est pour y répondre qu’il faut faire évoluer les modes de gouvernance.
Avoir la volonté politique forte d’élaborer chacun des projets, avec les niçoises et les niçois.

(Extrait du livre « A PROPOS DE NICE » de Richard POGLIANO
– Editions Campanile – Pages 144 à 147)

NICE : QUESTIONS D’AVENIR (3)

Environnement et écologie.

Avec ses 2/3 de collines, ses 1 000 hectares en sites protégés et espaces verts, Nice est une ville verte. Avec ses 8 kilomètres de littoral, ses 4 kilomètres de plages, Nice est une ville d’eau.
Tous les atouts sont ici réunis, pour un des plus beaux environnements de France. Et, sûrement d’ailleurs.

Encore faut-il le protéger. Contre une urbanisation débridée. Contre les problèmes de pollution, les émissions de CO2, surveiller la qualité de l’air, de l’eau. Enfin, toutes les atteintes à l’environnement.
Mettre en place de nouvelles normes, pour les logements en haute qualité environnementale, pour la collecte et le traitement des déchets. Enfin, tout ce qui va dans le sens des économies d’énergie et la réduction de toutes les formes de nuisances.

Et puis, réfléchir sur chaque quartier. Parce que c’est en préservant l’environnement de chaque quartier qu’on préservera l’environnement de notre ville.
On pourrait ainsi, lorsque cela est possible, réaliser des éco-quartiers. A construire ou à aménager. En utilisant des matériaux recyclables, écologiques et peu consommateurs. En améliorant la gestion des ressources, jusqu’à envisager qu’ils soient totalement autonomes, par l’utilisation des énergies renouvelables. Le photovoltaïque permettrait la production d’électricité et d’eau chaude. Les eaux de pluie pourraient être réutilisées pour l’arrosage, les toilettes. En isolant les maisons et les bâtiments, dont la taille serait limitée à six étages. En multipliant les espaces verts réservés aux piétons. Sans oublier l’éducation des adultes et des enfants du quartier à l’environnement.

Une telle démarche nécessite un long travail de concertation, non seulement avec la population concernée par tel ou tel projet, mais avec l’ensemble de tous nos concitoyens. Car il s’agit d’une véritable révolution écologique urbaine.

C’est à la Collectivité Municipale de mener la réflexion, de concilier les impératifs écologiques avec ses projets d’aménagement, et ouvrir de nouvelles pistes pour un développement durable.

A l’écoute des territoires.

La loi de février 2002, susmentionnée, relative à la Démocratie de Proximité a marqué une nouvelle étape dans la vie des communes. Comme je l’ai déjà expliqué, elle favorise la participation du citoyen à la vie de son quartier et de sa ville.
J’ai déjà développé ce que doit être une véritable proximité entre les citoyens et leurs responsables communaux. Je n’y reviendrai pas. Comme je ne reviendrai pas sur les conseils de quartiers, leur but, leur fonctionnement et leur représentativité.
Permettez-moi simplement ici, d’attirer votre attention sur deux points complémentaires.

Le niçois demande à être écouté, et entendu. Et pouvoir s’exprimer, en espérant que ses avis soient pris en compte. Notre humanisme a toujours placé l’homme au cœur de toute chose. Et l’intérêt général, avant nos intérêts particuliers. Même si c’est difficile. Même si parfois, on préfère que la paille soit dans l’œil du voisin.
C’est pour cela que les comités de quartiers sont nombreux à Nice et très actifs. Une vraie tradition. Comme les clos de boules. D’ailleurs, très souvent, ils se recoupent. On y retrouve les mêmes animateurs. Et les uns se rendent volontiers chez les autres. Ce sont des lieux de débat, en même temps que de convivialité. Ce sont des lieux où bat le cœur de Nice.
Nul
dans ces associations ne conteste la compétence des services municipaux. Mais tous vous diront le manque de dialogue. Le manque de coopération. Et de présence sur le terrain.

 

(Extrait du livre « A PROPOS DE NICE » de Richard POGLIANO
– Editions Campanile – Pages 141 à 144)

NICE : QUESTIONS D’AVENIR (2)

Cadre de vie.

De par sa situation géographique, Nice est déjà naturellement attractive. Encore faut-il qu’elle le reste. Mieux qu’elle développe ses atouts. Et puis, circonscrire ses désagréments.
Mais, attractive pour qui ? Pour les nouveaux arrivants ? Pour les touristes ? Pour tous ceux-là, bien sûr. Mais d’abord, pour ses habitants. Je veux dire, pour les niçoises et les niçois qui y vivent déjà, à longueur d’année.

La qualité de vie passe par de très nombreux éléments. Comme l’environnement, son esthétique et sa propreté. Que ce soit les parcs, les jardins, les rues la mer. Comme l’accès aux loisirs, culturels, sportifs. Comme la proximité des lieux d’échanges, commerces, services, crèches. D’autres éléments encore, comme les déplacements, collectifs ou individuels. Ou des lieux, pour faire la fête. Ne les énumérons pas tous.
C’est sur le cadre de vie immédiat que l’on doit avoir une réflexion approfondie. Sur les terrains de jeux, lorsqu’ils sont dégradés. Sur la circulation, lorsqu’elle est impossible. Sur le coût des loisirs, lorsqu’ils sont prohibitifs. Sur les places de stationnement, lorsqu’on n’en trouve jamais.

La Collectivité Municipale doit prendre en comptes toutes ces appétences et s’interroger sur de nouvelles alternatives, pour faciliter la vie des habitants.

Lien social et solidarité.

L’histoire de Nice montre que la solidarité a toujours été une de nos valeurs cardinales. Et pour nous, niçois, humanisme et solidarité sont des valeurs que nous exerçons au quotidien.

Mais la vie est là. Avec son cortège de difficultés. La crise, le chômage, la précarité, la pauvreté. Le vieillissement, l’isolement, la dépendance. Les ruptures de vie, la monoparentalité, la ghettoïsation. La liste est longue. Beaucoup trop longue.
Faut-il fermer les yeux. Regarder ailleurs. Vivre ailleurs. Ou bien, tout mettre sur la table. Réfléchir. Repenser. Se dire que la solidarité peut être un investissement pour demain, pour tous. Que recréer du lien social, là où il a disparu, c’est aussi retrouver des dignités. Et faire revivre, ensemble, des générations qui se sont éloignées.

A un moment où l’Etat n’anticipe sur aucun de ces sujets et se désengage, où le secteur privé n’y trouve pas son compte, ou alors avec des prix exorbitants, comme dans le cas des maisons de retraite, c’est encore vers les collectivités locales que l’on se tourne.

Pour que la Collectivité Municipale coordonne l’ensemble des programmes urbains, en recherchant, dans chacun d’eux, toutes les possibilités à même de diminuer les inégalités, dans l’espace et dans le temps.

L’économie niçoise.

Je ne reviendrai pas sur les problèmes liés à l’économie niçoise. Je les ai déjà abordés.
Simplement, dire ici, qu’une mono-activité met notre économie en danger. Que le tourisme ne suffit pas, surtout lorsque le bâtiment est en déclin. Qu’il est nécessaire, dans le prolongement de mon propos précédent sur l’emploi et l’employabilité, de diversifier notre économie. Les pistes sont maintenant connues. Il suffit de les explorer.
Que Nice Méridia doit devenir, demain, notre Sophia Antipolis. Et qu’il n’est plus temps d’attendre. Mais qu’il faut aussi réinvestir et remodeler chacun de nos quartiers, comme autant de zones de chalandise. Comme autant de lieux d’enseignes, de commerce et d’artisanat. Chacun à son échelle.

Je ne reviendrai pas non plus sur l’impérieuse nécessité de développer un tissu de PME/TPE.
Simplement, dire ici, que nous devons rechercher des entreprises, quelle que soit leur taille, des commerces, des artisans, qui correspondent aux formations et aux métiers, et donc aux compétences, de notre bassin d’emploi.
Que nous devons aussi rechercher des entreprises tournées vers les métiers d’avenir, nouvelles technologies de l’information, nanotechnologies, énergies vertes. Mais également, faire venir à nous des centres de recherche, des universités étrangères, parce qu’agir local, c’est d’abord penser global.

Marcher sur ces deux axes, tel doit être l’objectif.
J’aurai l’occasion d’y revenir dans le prochain chapitre de cet essai.

Et c’est la Collectivité Municipale qui a la responsabilité, directe et totale, de mettre cette stratégie économique en place.

(Extrait du livre « A PROPOS DE NICE » de Richard POGLIANO
– Editions Campanile – Pages 138 à 141)