BAISSE DU PRIX DU PETROLE : GAGNANTS ? PERDANTS ?

La fixation du prix du pétrole est le résultat de la rencontre entre l’offre des pays producteurs et la demande des pays consommateurs, donc des automobilistes que nous sommes.
Les pays producteurs ce sont l’Arabie Saoudite, les Etats-Unis et la Russie, pour plus du tiers de la production mondiale à savoir 87 millions de barils chaque jour, suivi par l’Iran, la Chine, le Canada, l’Irak, le Koweit, le Venezuela…
Les pays consommateurs ont multiplié les politiques de réduction de consommation et c’est la croissance économique des pays émergents et des
BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine), ainsi que la faiblesse du dollar par rapport à l’euro, qui ont permis aux cours du pétrole de se maintenir.
Ce n’est plus le cas aujourd’hui.
L’offre de pétrole a continué d’augmenter alors que la consommation mondiale a ralenti, d’où la baisse du prix du pétrole.
Le prix du baril de pétrole est à 69,15 dollars en ce mois de décembre, il était à 110 dollars un an auparavant, avec un record historique à 147 dollars le baril en juillet 2008.

Bien entendu, la chute des cours entraîne un énorme manque à gagner que certains pays producteurs supportent mieux que d’autres, mais elle améliore les finances des pays importateurs. « L’industrie en est le principal bénéficiaire après les transports. Ainsi une baisse des cours de 16% génère une économie équivalente à près de 3% de l’excédent brut d’exploitation du secteur » estime COE-REXECODE (*).

La France, qui a vu passer sa facture pétrolière de 4% du son PIB en 1980 à 2% aujourd’hui. Ce sont les secteurs du raffinage, avec +4 milliards d’excédent brut à l’exploitation par rapport à 2012, des transports et de l’industrie, +1 milliard, qui en profitent le plus. A l’inverse certaines compagnies pétrolières, ou parapétrolières, ont vu leurs cours chuter en bourse, comme Total, par exemple.

La baisse du prix du pétrole profite aussi au consommateur. Tout particulièrement à l’automobiliste, qui a vu les prix de vente du gazole ou de l’essence baisser à la pompe de 5 à 10%. Par contre, l’Etat lui ne perd rien. Car la Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Energétique, la TICPE qui a remplacé l’ancienne TIPP, est d’un montant fixe, et donc ne varie pas en fonction de la variation des cours du pétrole. Elle est de 65 centimes d’euros par litre de gazole, 86 centimes par litre de super, elle reste de 65 centimes et de 86 centimes. Ce qui rapporte à l’Etat, bon an mal an, en fonction de la variation de consommation à la pompe, de 20 à 30 milliards d’euro par an, « reversé à 58% au budget de l’Etat, 25% aux Départements et 17% aux Régions » (*).


Richard POGLIANO

(*) in Valeurs Actuelles-11.12.14

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