ALSTOM : UNE TRES CURIEUSE NEGOCIATION !

Dans l’affaire Alstom, j’ai toujours milité pour une solution franco-française (voir ma Newsletter du 5 mai 2014).
Mais en écoutant les déclarations des membres du Gouvernement, et tout particulièrement celle du ministre de l’Economie, je me suis demandé si la solution miracle avait été trouvée.
Alors, j’ai regardé de plus près…

Donc, entre la solution américaine General Electric et la solution japan-allemande Siemens-Mitsubishi, le gouvernement a tranché, ce sera General Electric. Et Arnaud Montebourg d’annoncer, lors d’une conférence de presse le 20 juin, que l’Etat Français, aux côtés de General Electric, prendra une participation de 20 % au capital d’Alstom.

En fait, Alstom va être ‘‘découpée’’.
General Electric acquiert 100 % des turbines d’
Alstom, qui représentent 60 % des activités énergie du groupe.
Les 40 % restant, éoliennes en mer, réseaux électriques, etc., sont répartis sur trois entreprises à 50/50, entre
Alstom et General Electric.
Au total, l’investissement de
General Electric s’élève à 7,3 milliards d’euros, au lieu des 12,35 prévus au départ.
Alstom récupère pour 600 millions d’euros, mais dans le cadre d’activités qui n’ont d’application qu’aux Etats-Unis.

On n’est plus du tout dans un grand projet d’avenir pour notre entreprise française…

Et la participation de l’Etat ?
Le gouvernement a décidé de racheter les deux tiers de la participation de
Bouygues dans Alstom, soit 20 %, au cours de 35 euros l’action, qui le 20 juin n’en valait que 28. Soit un investissement de 2 milliards d’euros. C’est la banque publique, BPIFrance, qui est sollicitée pour la moitié de cet investissement, en appui de l’Agence des Participations de l’Etat.

N’aurait-il pas mieux valu faire une augmentation du capital d’Alstom, plutôt que racheter des actions ? Vous me direz, cela aurait été tout bénéfice pour General Electric… et vous auriez raison !

N’aurait-il pas mieux valu assurer l’avenir d’ Alstom dans les grands défis énergétiques européens et mondiaux ? Vous me direz, le nouvel Alstom n’aura toujours pas la taille critique pour faire face aux concurrents internationaux… et vous auriez encore raison !

Alors ?
… Alors, oui, vraiment, une bien curieuse négociation !


Richard POGLIANO – Président du Cercle de Nice

Les commentaires sont fermés.