ALEXANDRE LE GRAND (1)

L’ORIGINE D’UN EMPIRE

Aux yeux des grecs, la Macédoine était une contrée arriérée située aux confins de leur monde. C’était en effet un petit royaume (1) riche en ressources naturelles, ais très peu évolué du point de vue politique, économique et culturel. L’importance de la Macédoine tenait dans son emplacement géographique privilégié qui la protégeait des pressions barbares menaçant l’Hellade.

Achélaos Ier (413-399 av. J.-C.) fut le monarque qui sut donner au royaume de solides bases politiques et économiques. Son règne apporta au pays stabilité et prospérité. Il fit construire des voies de communication qui structurèrent un territoire administrativement divisé en districts et transféra la capitale d’Aigéai à Pella. Celle-ci devint un centre intellectuel florissant, accueillant des sages et des artistes.

La mort d’Achélaos fit sombrer la Macédoine dans le chaos. Les rois qui lui succédèrent s’affrontèrent mutuellement, détruisant l’équilibre précaire du pays et facilitant par leur attitude l’invasion des Illyriens.

Quand Philippe II (356-336 av. J.-C.) monta sur le trône à 22 ans, la Macédoine agonisait. En moins de deux ans de règne, il unifia le pays, chassa les Illyriens et créa une armée formée de phalanges, qui devint le pilier de la puissance macédonienne émergente. En matière de politique étrangère, il entreprit, parmi ses premières mesures, de mener une expansion vers le sud, dans la péninsule Chalcidique, pour assurer à son royaume un accès à la mer. Puis, il conquit la ville d’Amphipolis, alliée d’Athènes, et la région du mont Pangaion, riche en gisement d’or.

Chronologie

358 av. J.-C. : Philippe bat les Illyriens et unifie la basse Macédoine et les principautés du Nord.

356 av. J.-C. : Troisième guerre sacrée. Naissance d’Alexandre, fils de Philippe, futur fondateur d’un grand empire.

352 av. J.-C. : Philippe conquiert la Thessalie et s’autoproclame archonte à vie.

346 av. J.-C. : Fin de la troisième guerre sacrée et paix de Philocrate

338 av. J.-C. : Défaite de la coalition antimacédonienne (2) lors de la bataille de Chéronée.

33 av. J.-C. : Congrès de Corinthe : ligue panhellénique. Philippe devient le chef suprême des armées grecques (3).

Après avoir unifié toute la Grèce, Philippe mis en place son projet d’invasion de l’empire perse, mais il ne vit jamais son vœu exaucé.

Pausanias, un soldat de son escorte, l’assassina en 336 av. J.-C.
Alexandre prit la relève.

(à suivre)

Richard POGLIANO

 

  • Les Argéades fondèrent au VII° siècle av. J.-C. la première dynastie macédonienne. Malgré leurs origines barbares, ils parlaient le grec et se disaient les descendants d’Héraclès, fils de Zeus.
  • Sur les instances de Démosthène, une ligue antimacédonienne vit le jour, dirigée par Athènes et qui tenta de freiner les projets expansionnistes de Philippe…
    L’éloquence enflammée de Démosthène (384-322 av. J.-C.) contre les desseins de Philippe passa à la postérité sous le nom de ʺPhilippiquesʺ…
  • L’irruption de Philippe dans la sphère du monde grec entraîna le déclin des ʺpolisʺ et l’apparition de la monarchie. Athènes, paradigme de la cité-Etat classique, conserva son régime démocratique après la défaite de Chéronée, mais fut forcée d’intégrer la Ligue panhéllenique promue par Philippe.

 

 

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