1 CAZENEUVE… OU RIEN !

Sur fond de nouvelles attaques(*) – à Vénissieux, notamment, où plusieurs dizaines d’émeutiers ont attaqué une patrouille de police -, le ministre de l’Intérieur recevait les syndicats de police. Dans le même temps, d’autres rassemblements de policiers se tenaient un peu partout en France, comme pour exprimer leur refus de voir leur message récupéré, craignant, sans doute à juste titre, qu’il ne soit ni compris ni suivi d’effets.

Leurs préoccupations concernent l’avenir d’un pays dont ils sentent bien que le pouvoir politique a perdu le contrôle. Elles visent, également, les faiblesses d’une hiérarchie qui n’assume plus ses responsabilités, car tenue aux ordres d’un gouvernement en pleine dérive. Elles signifient, enfin, l’état de délabrement organisationnel d’une corporation en perte totale de confiance en elle même, et en ceux qui la dirigent.

À cela vient s’ajouter la peur. La peur de mourir, bien entendu, sous les coups de criminels que la justice aurait pu, dans bien des cas, mettre hors d’état de nuire.

La peur de blessures irréparables à même de gâcher définitivement une vie. La peur de « sur-réagir », en utilisant son arme dans un contexte où le soutien des politiques et, par voie de conséquence, de la hiérarchie reste des mots.

Face à cette incertitude et cette peur du lendemain, où chaque policier part en mission sans savoir si ça ne sera pas la dernière, aucune réponse n’est apportée.

Et ce ne sont pas les mesures annoncées par Cazeneuve qui seront de nature à rassurer les forces de l’ordre.

  • Concertation avec les préfets au niveau départemental. Pour dire quoi ? Pour faire quoi ? Alors que le gouvernement est dans une impasse sécuritaire totale.

 

  • Lancer un plan « de sécurité publique » ? Ne sommes-nous pas en état d’urgence ? La sécurité publique ne devrait-elle pas être depuis des mois une priorité ?

 

  • Recentrer les policiers sur leur cœur de métier ? De grandes phrases, de grands mots, qui n’ont plus aucun sens dans la bouche de ceux qui ont failli et qui devraient avoir, depuis longtemps, changer de politique ou quitter… la scène.

Reste les sanctions et la discipline.
L’IGPN, la police des polices, a été chargée de mener une enquête « sur les manquements individuels aux règles statutaires » qui auraient pu être commis à l’occasion de ces rassemblements spontanés de policiers !

Nous sommes là dans la tragi-comédie.

Reste simplement à souhaiter que, le moment venu, le peuple demande des comptes à ceux qui nous gouvernent aujourd’hui pour les manquements innombrables qui auront marqué leur passage à la tête du pays.

Car un grand nombre d’élus, de gauche comme de droite, ne comprennent plus.

Les Français ne comprennent plus.

Pourtant une autre politique est possible…

Invité, mercredi matin, de RTL, Malek Boutih, député socialiste de l’Essonne, ne tenait pas le même discours que le ministre de l’Intérieur.

Malek Boutih connaît les bandes et les trafics qui agitent La Grande Borne et d’autres jolies bourgades de son département. Et renvoie dos à dos les politiques de ces dernières décennies, tous ces acheteurs de la paix sociale, promoteurs de « la politique du chèque qui est une politique de l’échec ».

Malek Boutih ne partage pas les positions de la Place Beauvau, loin s’en faut. Il faut reconnaître que ce n’est pas la première fois qu’il s’exprime « en dehors des clous ». Lui, il veut « une vraie offensive anti-racailles dans les banlieues ».

Mais pour l’instant, rien ne bouge…

Et nos policiers excédés, à bout de forces et de nerfs, des policiers exemplaires car tout le monde se demande comment, dans un tel contexte d’agressivité générale et de débandade des politiques, ils arrivent encore à éviter les actes de légitime défense que l’opinion bien-pensante transformerait aussitôt en bavures…

Alors ils défilent la nuit… et remplissent le jour leur mission.
Chapeau, les gars !

(*) In Boulevard Voltaire – 22.10.2016 – 10:00

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